Le variant Omicron progresse à grands pas. Il est désormais largement majoritaire et représente la quasi-totalité des cas confirmés de Covid-19 recensés en Algérie. Omicron et ses deux sous-variants (BA.1 et BA.2) ont représenté 93% des contaminations vendredi dernier, selon l’Institut Pasteur d’Algérie (IPA).

PAR INES DALI
Il a fallu un peu plus d’une semaine seulement pour que l’évolution de ce variant confirme sa très grande vitesse de propagation, puisque son taux de contaminations était de 57% neuf jours auparavant. En l’espace d’un mois et demi, il a détrôné le Delta qui compte 7% des infections totales au coronavirus, le premier cas Omicron en Algérie ayant été détecté le 14 décembre 2021. «Dans le cadre des activités de séquençage effectuées au niveau du laboratoire de référence de l’Institut Pasteur d’Algérie, pour la détection des différents variants du virus SARS-CoV-2, il est noté à la date du 28 janvier 2022 que la courbe des nouvelles contaminations au variant Omicron a continué son augmentation exponentielle, comme attendu, représentant à cette date 93% des variants circulants, contre 7% pour le variant Delta (ces derniers étant enregistrés essentiellement dans les services de réanimation)», a indiqué l’IPA dans un communiqué rendu public dimanche soir. Donnant plus de détails sur les séquençages qu’il a effectués, l’IPA a précisé qu’au sein des cas détectés du variant Omicron, «57% représentent le sous-variant BA.2, contre 43% du sous-variant BA.1, qui circulait jusqu’à cette date, sachant que trois sous-variants d’Omicron ont été décrits à ce jour dans plusieurs pays, à savoir le BA.1, le BA.2 et le BA.3».
Le sous-variant BA.2, qui commence à prédominer, suscite moins l’inquiétude quant à sa dangerosité que par rapport à sa très forte propagation bien plus importante que le variant Omicron, selon les professionnels de la santé. Le Pr Kamel Djenouhat, président de la Société algérienne d’immunologie, a affirmé, à ce propos, que les cas ayant contracté le BA.2 sont de «moindre gravité comparativement au sous-variant BA.1», tout en mettant, toutefois, en garde contre la «très forte transmissibilité du BA.2». Une mise en garde exprimée également par le directeur général de l’IPA, Fawzi Derrar, qui a déclaré que ce sous-variant «n’est pas plus dangereux que l’Omicron, mais il se propage plus rapidement».
Si de plus en plus de personnes venaient à contracter le sous-variant BA.2, cela impliquerait probablement plus d’hospitalisations, alors que les établissements hospitaliers recevant les malades Covid commencent à peine à être allégés du nombre de patients et des consultations quotidiennes. La tension a baissé d’un cran après que les contaminations aient enregistré un léger recul ces derniers jours, selon les propos des praticiens. Il reste, cependant, que la vigilance doit continuer à être observée car, selon le directeur général de l’IPA, la situation épidémiologique «demeure encore préoccupante et la recrudescence des cas peut survenir à tout moment si les gestes barrières et les protocoles sanitaires ne sont pas respectés» au moment où le taux de vaccination n’a pas dépassé 32%.
Concernant les symptômes du sous-variant BA.2 qui gagne de plus en plus de terrain en Algérie au vu des statistiques fournies par l’Institut Pasteur, le Pr Kamel Djenouhat, président de la Société algérienne d’immunologie, a affirmé que «ce sont les mêmes symptômes observés chez les sujets atteints du sous-variant BA.1».
Mais la problématique, selon cet immunologue, réside dans le diagnostic qui pourrait être erroné, d’où son appel lancé pour une intensification des opérations de criblage. «Il est vrai qu’on peut détecter les cas de Covid-19 avec les tests RT/PCR et les tests antigéniques, mais on ne peut les classer ensuite dans la catégorie des sous-variants BA.1 ou BA.2 qu’avec les opérations de criblage», a-t-il expliqué. Car dans le cas contraire, c’est-à-dire si on ne passe pas par le criblage, «il peut y avoir des erreurs comme, par exemple, classer ces sous-variants comme étant le variant Delta», a ajouté le Pr Djenouhat.
Il a, par ailleurs, affirmé que les sujets ayant déjà été contaminés par le variant Omicron sont «susceptibles d’être encore contaminés par le BA.2». Il explique cela par le fait que «l’immunité qu’ils ont acquise suite à leur infection par l’Omicron ne serait probablement pas suffisante» pour les protéger contre le sous-variant.
Pour sa part, tout en indiquant que les trois sous-variants d’Omicron présentent les mêmes caractéristiques, notamment une grande vitesse de propagation, le Dr Mohamed Yousfi, président de la Société algérienne d’infectiologie a alerté que les enfants n’en sont pas à l’abri. Ainsi, à leur tour, les enfants, déjà fortement touchés par l’Omicron, peuvent ne pas être épargnés notamment par le sous variant BA.2 qui circule dans le pays bien plus que le BA.1. Ils pourraient, en effet, «être contaminés», selon le Dr Mohamed Yousfi, qui a encore précisé que «le BA.2 contamine également les nourrissons». Pour lui, c’est une occasion de revenir sur «l’importance d’aller se faire vacciner en masse» et de «respecter rigoureusement les gestes barrières», deux éléments indissociables pour atténuer les effets de cette crise sanitaire à laquelle le pays fait face depuis près de deux ans.