Le Tribunal de Boumerdès a confirmé, hier, dans son verdict les peines retenues contre l’ancien Directeur général de la police, Abdelghani Hamel, condamné à 12 ans de prison ferme.
L’affaire en question implique, en plus de l’ancien patron de la police, d’autres hauts responsables, notamment deux anciens walis de Tipasa, l’ancien directeur de la Sûreté de la même wilaya, l’ex-directeur de l’Industrie ainsi que le fils de Hamel.
Les co-accusés sont poursuivis pour «obtention illégale de fonciers agricoles», «abus de pouvoir» et «activités illégales». Il s’agit notamment de l’attribution, en 2016, d’une parcelle agricole de 14 445 m2 à Chafik Hamel, fils de l’ex-DGSN, pour la construction d’une unité de production de médicaments à Magtaâ Kheira dans la wilaya de Tipasa. Le Tribunal de Boumerdès a retenu également les mêmes peines prononcées contre les deux anciens walis de Tipasa, Abdelkader Kadi et Moussa Ghelai, condamnés à 12 ans de prison ferme. Idem pour l’ancien chef de Sûreté de la wilaya de Tipasa, Salim Djaidjai, condamné à 3 ans de prison, ainsi que l’ancien ministre des Finances, Hadji Baba Ami, condamné à 4 ans de prison ferme.
Il faut rappeler que le procès a été reporté à plusieurs reprises jusqu’à susciter de nombreuses interrogations. Il y a eu en effet quatre renvois motivés par le refus de Hamel d’être jugé à distance. Les avocats de Hamel ont axé leur demande de report sur «l’absence d’éléments constitutifs des délits» et de «violation du code de procédure pénale, notamment son article 2 paragraphe 5 et 6, qui stipule qu’une affaire mise devant le Tribunal civil ne peut être jugée au pénal, étant donné qu’après les décisions d’attribution des terrains par la wilaya, le directeur des domaines de Tipasa a engagé une action en annulation devant le Tribunal administratif».
La défense de Hamel, tout en évoquant ce qu’elle a qualifié de «vices de forme», s’est interrogée sur le fait que Chafik Hamel, «qui n’est qu’actionnaire dans la Sarl AMC Pharm, au nom de laquelle la décision d’attribution a été délivrée, fait l’objet de poursuite alors que la société qui est une personne morale a un gérant qui n’a pas été cité». Elle a également bâti sa plaidoirie sur «l’absence de déclarations faisant état de l’intervention de Abdelghani Hamel, pour l’obtention de ce terrain avant de réclamer la relaxe».
Il convient de souligner que le procès en appel de l’ancien patron de la police, Abdelghani Hamel, et de l’ancien chef de Sûreté de la wilaya d’Alger, Nouredine Berachedi, dans une autres affaire dans laquelle ils ont été condamnés en première instance, au mois de juin dernier, à 4 ans de prison ferme, a été reporté par le Tribunal de Blida qui se penche sur cette affaire. En plus de leur condamnation à 4 ans de prison ferme, le Tribunal a prononcé une amende de 100 000 DA contre les deux anciens responsables de la DGSN poursuivis dans cette affaire pour «abus de fonctions».
Pour sa part, la chambre pénale de la Cour d’Alger a prononcé, le 12 août dernier, une peine de 12 ans de prison ferme à l’encontre de Hamel, poursuivi pour plusieurs chefs d’accusation, dont «blanchiment d’argent», «enrichissement illicite», «trafic d’influence» et «obtention de fonciers par des moyens illégaux».