Les mesures de confinement et de lutte contre la propagation du coronavirus ont été reconduites pour une nouvelle durée de quinze jours. De quoi raviver davantage les craintes d’une situation de faillite que nourrissent de nombreux chefs d’entreprises, pris en tenaille entre l’impératif de réduire les effectifs afin de contribuer à la lutte contre la pandémie et celui de relancer l’appareil de production pour faire face aux charges et aux difficultés de trésorerie engendrées par la crise sanitaire.

Le transport aérien est le secteur le plus touché par la crise à travers le monde : avions cloués au sol, effectifs en chômage technique, pertes de résultats, faillites inévitables pour certaines compagnies à trésorerie fragile… La compagnie publique Air Algérie n’est pas en reste. Selon des sources de l’entreprise, la compagnie parie sur la réouverture prochainement des lignes intérieures, nourrissant l’espoir d’un déconfinement progressif sous peu, alors que les frontières ne devraient pas rouvrir de sitôt, repoussant sine die la reprise des dessertes sur les lignes les plus rentables, dont la ligne Alger-Paris. Cette reprise est conditionnée à la levée des restrictions sur les vols internationaux encore en vigueur à travers l’ensemble des Etats. Cela dit, Air Algérie entend, d’abord, remettre ses avions en service sur les lignes intérieures ainsi que sur certaines opérations cargo, en attendant que les frontières soient rouvertes à la fin de cet été, voire à la rentrée. Quoi qu’il en soit, plusieurs pistes de travail sont actuellement à l’étude, les unes, comme les autres, nécessitant toutes une contribution de l’Etat pour que la compagnie puisse faire face à la crise à laquelle elle est confrontée depuis la fermeture des frontières. A vrai dire, Air Algérie est loin d’être bien armée pour affronter les conséquences de la crise sanitaire, alors que sa trésorerie était fragile, grevée essentiellement par les dépenses de fonctionnement et de rémunération des personnels. C’est un secret de polichinelle, l’entreprise fonctionne avec près de 10 000 salariés alors que des compagnies de sa taille font travailler entre 3 000 et 4 000 employés. La compagnie avait bénéficié dans le cadre de la loi de finances 2020 d’une intervention du Trésor public sous forme d’un apurement des prêts accordés à la compagnie qui sont de près de 4 milliards de dinars. De toute évidence, l’Etat va devoir injecter des liquidités dans son entreprise de transport aérien, indépendamment des mesures d’aide aux dépenses de fonctionnement et à l’acquisition d’aéronefs, lui permettant d’avoir le vent en poupe pour affronter la crise. La même question se pose pour l’ensemble des autres entreprises publiques, dont la survie dépendait des ballons d’oxygène que leur offre l’Etat propriétaire. Pour Air Algérie ainsi que pour l’ensemble des autres entreprises affectées par la crise sanitaire et les mesures de confinement, il faudra attendre, probablement, l’aboutissement du travail d’évaluation lancé par l’Etat et dont les mesures de soutien devraient figurer dans la mouture finale du projet de loi de finances complémentaire. Les aides financières aux entreprises publiques sont prises en charge jusqu’ici par l’action économique de l’Etat, figurant dans le chapitre dédié aux dépenses de fonctionnement. Or, la particularité de la conjoncture fait que l’Etat doit préparer un plan de relance et de soutien financier au profit de l’ensemble des entreprises touchées par la crise. Ces dotations pourraient être prises en charge par le budget de fonctionnement de la LFC 2020 sous forme de rallonges budgétaires au titre de l’actuel exercice. La situation est, cependant, bien plus particulière pour Air Algérie, compagnie budgétivore, nécessitant un plan de restructuration et de rentabilisation, à la fois de la flotte et des effectifs, sur le long terme.
Les interventions du Trésor publics n’ont jusqu’ici était d’aucune solution d’ordre structurel. n