Le torchon brûle entre le wali de Béjaïa et le Front des forces socialistes (FFS), qui dénonce ce qu’il qualifie d’agissements « autoritaires » du premier magistrat de la wilaya contre les P/APC.
Dans un communiqué rendu public, le FFS explique l’attitude du wali, en poste depuis septembre 2018, comme « représailles » aux positions du parti, ce qui n’est pas sans rappeler les bras de fer antérieurs entre les deux parties. « Le Front des forces socialistes dénonce avec une extrême virulence les agissements autoritaires du wali de Béjaïa contre les P/APC de la wilaya en représailles à leurs positions politiques hostiles au pouvoir de fait et à sa feuille de route hégémonique», indique un communiqué du parti, dont les élus gèrent 19 APC sur les 52 que compte la wilaya de Béjaïa. Le même communiqué souligne, à cet effet, que le président de l’APC de la commune de Béjaïa, élu sur la liste du FFS, « subit un embargo et des restrictions administratives, portant préjudice à des projets de développement importants destinés initialement à la commune, depuis son rejet catégorique d’encadrer le simulacre électoral présidentiel ».
Dans son réquisitoire, le plus vieux parti de l’opposition a dénoncé que «ce même wali s’est permis de se réunir avec des membres de l’Exécutif communal afin de serrer l’étau sur le P/APC de ladite commune après avoir instrumentalisé l’appareil judiciaire et gelé les projets suscités comme préludes à la décision de le suspendre ». Raison pour le FFS de rebondir sur la question de la décentralisation estimant que cette option « sous l’emprise du système de gouvernance actuel n’est qu’une absurde chimère », mettant en garde les autorités du pays qui « s’affairent à porter atteinte à nos élus locaux sous l’ambition de fragiliser notre formation politique dans son propre fief ». Le FFS a réitéré, par la même occasion, sa détermination à défendre « la dignité de ses élus locaux et la souveraineté populaire avec des moyens pacifiques».
Cette nouvelle querelle entre une formation politique et un wali intervient dans un contexte particulier, marqué par la multiplication des signes de colère et d’insatisfaction citoyenne quant à la gestion des collectivités locales. Elle intervient également, alors qu’un mouvement partiel dans le corps des walis a été opéré la semaine passée par le Président de la République, suivi par des messages du ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales exhortant les nouveaux désignés à répondre efficacement aux préoccupations des populations. « Il est demandé aux nouveaux chefs de l’Exécutif d’adopter de nouvelles méthodes de travail en coordination avec tous les acteurs, notamment les élus et la société civile, afin de répondre dans les plus brefs délais aux préoccupations des citoyens dans l’optique d’améliorer leurs conditions de vie et relancer le développement local », a déclaré jeudi M. Beldjoud lors de l’installation du nouveau wali de Tlemcen. Un rappel de la responsabilité des walis devant des populations de plus en plus exigeantes en matière de prise en charge de leurs préoccupations quotidiennes, devant l’impératif d’enclencher un véritable développement local en phase avec les potentialités de chaque wilaya.