La mémoire et l’Histoire sont indissociables. Les chiffres et les archives sont importants pour leur donner plus de reliefs. Encore faut-il les trouver et les dépoussiérer pour donner plus de contours aux faits d’armes. Une mission, bien complexe, de laquelle s’est chargée l’ancien footballeur et journaliste Ahmed Lahouari Bessoul qui a tout réuni dans un recueil qu’il a appelé « Vert et Blanc, de 1963 à 1988 » et exposé à côté de celui de Hamid Zouba. Un quart de siècle de statistiques et données qu’il a dénichées lui-même.

L’histoire dépoussiérée
« Il faut savoir qu’il n’est pas facile de réaliser ce type d’ouvrages car l’accès aux documents lors de cette période et restreint voire impossible dans certains cas. Ici, en Algérie, je n’ai pu trouver grand-chose. On m’avait orienté vers les archives de la Bibliothèque nationale. Une sorte de cave où je ne suis tombé que sur certains articles de journaux. Mais c’était insuffisant, a indiqué Bessol. Par la suite, j’ai dû aller au siège de la CAF au Caire où l’on ne m’a donné que 3 feuilles de matchs de l’Equipe nationale. Mais un journaliste égyptien m’a permis d’accéder aux archives d’Al-Ahram. J’y ai trouvé quelques documents intéressants. La Fifa, que j’ai sollicitée, m’a clairement signifié que le football à cette période, ne l’intéressait pas trop en Afrique car ses experts étaient plus tournés vers l’Europe.» Le propriétaire du journal «Botola» a fini par trouver le gros de ce qu’il cherchait en… France. «J’ai dû me rabattre sur les archives «françaises, notamment du magazine France Football», pour pouvoir collecter les informations nécessaires pour que ce bouquin puisse voir le jour. Je profite de cette occasion pour remercier l’Anep d’avoir accepté de l’éditer parce que le secteur privé n’est pas en mesure de publier ce genre d’ouvrages vu son coût», a-t-il noté en expliquant s’être intéressé à la période 1963-1988 «parce qu’elle représente le premier quart de siècle post-Indépendance, pendant lequel, force est de le reconnaitre, nous avions enregistré une importante progression, même en termes d’infrastructures.» Un constat bien optimiste. C’était avant la décennie noire et ce qui en a suivi. Un intervalle temps durant lequel la balle ronde a vu sa progression stoppée.
Un chapitre sur lequel l’enfant d’Oran compte bien revenir dans le « chapitre II » de son livre qu’il envisage d’écrire à l’avenir. M.T.