Le climat des affaires en Algérie a été examiné sous la loupe des experts du Cercle d’action et de réflexion autour de l’entreprise (Care), dans le cadre d’une enquête conduite par l’association. Au cours de l’enquête, clôturée le 22 avril 2018, qui a concerné le premier trimestre 2018, 250 chefs d’entreprise, à l’échelle nationale, ont été interrogés sur la base d’un questionnaire en arabe et en français via Internet, SMS et téléphone.

Le think tank Care a passé au crible cinq paramètres, à savoir : gouvernance de l’Etat, compétitivité des entreprises, financement, fiscalité et parafiscalité et, enfin, capital humain. Les conclusions de l’enquête ont été formalisées dans un rapport que le Cercle d’action et de réflexion autour de l’entreprise vient de rendre public. Elles ne sont pas bonnes. L’avis du panel d’entreprises sur les cinq indicateurs s’est avéré négatif, avec des notes respectives de 5,5/20, 8,5/20, 7,5/20, 6,8/20 et 7/20. Ainsi, les actions du gouvernement et leurs impacts sur les entreprises sont jugées «très insuffisantes». Elles reçoivent une très mauvaise note (5,5/20), c’est le plus bas score sur l’ensemble des points visés. La gouvernance de l’Etat est perçue comme « faible ». Les décisions qui ont trait à la gestion économique du pays sont prises sans concertation et par voie de décret, ce qui alimente ce ressentiment de la communauté algérienne des affaires, ainsi que l’explique le rapport de l’Observatoire du climat des affaires (OCA) du Care. La compétitivité des entreprises est relative, selon les chefs d’entreprise. Cela pourrait aussi être induit par des efforts d’amélioration de la qualité des produits et services nationaux confrontés à une forte compétition de produits importés depuis plus d’une décennie, est-il mentionné. Au chapitre financement, le document de l’OCA souligne que, du point de vue des chefs d’entreprise, l’offre de financement reste «en dessous de leurs attentes», avec une note de 7,5/20, traduisant ainsi un frein à la croissance de développement des entreprises. L’absence de compétitivité dans le secteur financier avec une dominance de banques publiques et le retard en matière de modernisation du secteur bancaire, l’explique en partie. Le financement par le biais de la Bourse d’Alger est à l’état « embryonnaire », est-il noté. Sur le chapitre fiscalité et parafiscalité, les chefs d’entreprise interrogés dans le cadre de cette enquête considèrent que la pression fiscale et parafiscale est « importante », ce qui explique la note de 6,8/20. Quant au capital humain, la note de 7/20 attribuée par les chefs d’entreprise confirme qu’il est «très en dessous » de leurs attentes, sur les plans compétences et talents, en qualité et en nombre, par rapport à leurs besoins en la matière. Cette appréciation de la part des chefs d’entreprise pose des questions sur la capacité des institutions de formation à fournir les ressources humaines qualifiées en qualité et en nombre. Ainsi, l’environnement des affaires demeure peu favorable aux entreprises. Dans le classement Doing Business 2017 de la Banque mondiale, l’Algérie est classée à la 156e place (sur 190). Malgré les réels efforts déployés par l’Algérie, ces dernières années, comparativement aux autres pays, l’environnement des affaires reste peu propice à la création et au développement des entreprises. A titre d’exemple, l’Algérie se classe derrière la Tunisie (77e) et le Maroc (68e). L’Observatoire du climat des affaires (OCA) est un outil nouveau qui permet de suivre la mise en œuvre des réformes économiques en direction des entreprises et pour l’amélioration du climat des affaires en Algérie. L’actuel gouvernement s’attache à assainir de manière substantielle le climat des affaires afin de libérer l’investissement et les entreprises des contraintes et à rendre attractifs les investissements directs étrangers, notamment ceux participant au transfert de technologie et favorisant les exportations hors hydrocarbures. Dans son programme, il assure qu’il prendra toutes les dispositions en vue d’assurer un traitement diligent des demandes de foncier économique et d’autorisations administratives et d’alléger les procédures à l’endroit des porteurs de projets d’investissements. Mais, nul ne peut nier l’existence d’un fossé entre ce que prévoit le gouvernement et ce qui est réellement mis en œuvre par rapport à tous les problèmes liés au climat des affaires.