Le Théâtre régional d’Oran (TRO) poursuit son hommage au dramaturge Abdelkader Alloula, assassiné il y a 26 ans, -et dont il porte le nom-, à travers les réseaux sociaux et son site officiel avec la diffusion, aujourd’hui mardi, de la mythique pièce «Al Ajouad » (les généreux), après avoir diffusée samedi dernier la pièce « El Khobza», annonce le TRO sur sa page officielle. L’hommage à Alloula qui avait débuté juste avant l’annonce de la fermeture des espaces culturels, le 12 mars dernier, dans le cadre des décisions gouvernementales pour endiguer la propagation du Covid-19, a basculé sur le Net en mémoire du dramaturge. Dans le cadre de cet hommage, le TRO annonce la mise en ligne dès jeudi prochain de l’exposition d’une collection de quarante photos d’époque, signées Ali Hafied, disparu en 2015, photographe de presse et ami de nombreux artistes, à l’instar d’Alloula. Ali Hefied avait fait don de cette collection au Musée national des Beaux-Arts d’Alger, qui a accepté de la mettre en relief au TRO, rendant ainsi un hommage posthume au dramaturge et au photographe. Le Théâtre régional d’Oran annonce également sur sa page officielle que dès le 28 mars prochain seront diffusées des vidéos des pièces de théâtre pour enfants et aussi grand public, puisées du fonds documentaire du TRO.
Pour rappel, plus de 800 archives personnelles du regretté Abdelkader Alloula avait été récemment réceptionnées par le Théâtre régional d’Oran, à l’occasion de la commémoration du 26e anniversaire de la disparition du regretté dramaturge. « Il s’agit d’un lot important comprenant, entre autres, des notes personnelles d’Alloula manuscrites et dactylographiées, des documents de presse, des photos et des enregistrements audio et vidéo », avait indiqué le directeur du TRO, Mourad Senouci, à l’APS. Ce fonds d’archive est une dotation de la veuve du dramaturge Raja Alloula, présidente de la Fondation Alloula qui conservait jusque-là les archives.
Abdelkader Alloula est mort le 10 mars 1994 à Oran, victime d’un lâche attentat terroriste, laissant derrière lui un riche legs artistique, dont la célèbre trilogie « Lagoual » (les dires, 1980), « El-Ajouad » (les généreux, 1985) et « El-Lithem » (le voile, 1989).
Dans un entretien qu’il avait accordé de son vivant, intégralement disponible sur le Net, Abdelkader Alloula avait confié à propos de la pièce «El Ajouad» que « le titre veut dire, au sens premier littéral, « les généreux ». Cela résume pour moi, dans une certaine mesure, l’idée centrale, l’essence de la pièce. Cette dernière est une fresque de la vie quotidienne ou disons quelques moments de la vie des masses laborieuses, des petites gens, des paysages humains de tous les jours. Cette fresque raconte et révèle en quoi précisément ces « anonymes », ces « humbles », ces « inaperçus » ou « laissés pour compte » sont généreux ; comment ils prennent en charge avec optimisme et une profonde humanité les grands problèmes de la société, bien sûr dans les limites de leurs limites ». Il avait également ajouté à propos de sa mise en scène en tant que dramaturge, « quant à l’architecture générale, la pièce regroupe trois thèmes dramatiques entrecoupés de quatre chansons. Chacun des éléments de la pièce est autonome quant à la thématique et le tout est lié par ce que j’appellerai des éléments fondamentaux de contenu, par de lames de fond ». Concluant : « Ce que je peux dire d’autre, c’est que c’est un spectacle de plus de trois heures, une fête des yeux, du cœur et de l’esprit que j’ai écrite et réalisée d’abord et avant tout pour tous ceux qui travaillent et qui créent dans mon pays dans la perspective d’une société libre, démocratique et débarrassée de l’exploitation de l’homme par l’homme ». n