Le mouvement des étudiants qui accompagne le mouvement populaire pour le changement ne baisse pas de mobilisation.
Pour une 19e démonstration d’engagement, des milliers d’étudiants ont investi la rue pour clamer leur désir de changement du système pour placer l’Algérie sur la voie du développement et des libertés.
Plus que le maintien de la flamme de la contestation populaire née le 22 février dernier, la marche des étudiants est plus que jamais un rendez-vous essentiel de la vie politique et sociale du pays.
Le mouvement tient en effet, depuis plus de quatre mois, le rôle de décrypteur des enjeux du moment en tenant compte des évolutions survenues sur le terrain.
Celle d’hier l’est encore davantage dans la mesure où elle est intervenue dans un contexte national particulier marqué par une forte tension induite par l’arrestation de jeunes manifestants à qui il a été reproché le port de l’emblème amazigh aux côtés du drapeau national.
La mise en détention provisoire de ces manifestants a attisé la tension au moment où la quête d’une solution à la crise politique et institutionnelle que traverse le pays évoque la nécessité d’asseoir un climat d’apaisement au sein de la société. Ce qui est loin d’être le cas, hélas !
C’est dans le même contexte qu’a été enregistrée l’arrestation du moudjahid Lakhdar Bouregaâ mis en détention provisoire dans une évolution qui a suscité l’indignation des Algériens dans les quatre coins du pays.
Ce sentiment d’indignation a été clairement exprimé par des milliers d’étudiants qui ont marché hier à l’occasion du 19e mardi de mobilisation estudiantine.
Plus qu’une fidèle traduction des sentiments qui traversent la société, les étudiants ont pris décidément la responsabilité de donner le la sur ce que sera l’avenir de la contestation populaire.
L’engagement infaillible dont a fait preuve le mouvement étudiant est à ce titre annonciateur d’une forte mobilisation pour le prochain vendredi de marche populaire qui coïncide, hasard de calendrier, avec la célébration du 57e anniversaire de l’Indépendance du pays.
Le tempo semble avoir été donné par le mouvement des étudiants qui tient, semaine après semaine, le rôle de baromètre de la contestation citoyenne.