Après un test récent, Gian Piero Gasperini a compris qu’il avait été contaminé par le coronavirus au mois de mars dernier. Dans un entretien accordé à la Gazzetta dello Sport, l’entraineur de l’Atalanta s’est confié sur ces semaines de convalescence et concède avoir eu peur de mourir. C’est un témoignage poignant qu’a livré Gian Piero Gasperini dans les colonnes de la Gazzetta dello Sport. Malade au début du mois de mars dernier, le tacticien a eu la confirmation par un test récent qu’il avait été touché par le coronavirus. «Il y a 10 jours, les tests sérologiques m’ont confirmé que j’avais eu le Covid-19. J’ai développé des anticorps, ce qui ne veut pas dire que je suis immunisé», a-t-il expliqué auprès du quotidien italien.
L’entraineur de l’Atalanta s’est plus amplement confié sur les symptômes et son ressenti : «La veille du match contre Valence (le 10 mars, en huitième de finale retour de la C1, ndlr), je me sentais mal. L’après-midi, encore pire, raconte Gasperini. C’était le 10 mars. Les jours suivants, j’ai peu dormi, j’étais en morceaux. Toutes les deux minutes passait une ambulance. À côté de chez moi, il y a un hôpital. Et la nuit, je pensais : Si je vais là-dedans, que m’arrivera-t-il ? Je ne peux pas partir maintenant, il me reste tellement de choses à faire.(…) je le disais en rigolant, pour alléger les choses. Mais je le pensais vraiment (…) J’ai pensé à la mort.»
Le match aller
mis en cause
Ce n’est que quatre jours après le match à Valence que son état a commencé à s’améliorer, mais il a ensuite perdu le goût, un des symptômes de la maladie. Un repas accompagné d’un Dom Pérignon millésimé envoyé par un chef étoilé lui semblait comme «du pain et de l’eau», se rappelle-t-il. Bergame, en Lombardie, a énormément souffert de la pandémie de Covid-19. Le match aller, remporté 4-1 par l’Atalanta contre Valence le 19 février, avait fait se déplacer 40 000 supporters de Bergame à Milan, où se disputait la rencontre. Il a été pointé par plusieurs experts comme un important foyer de contamination.
«Chaque fois que j’y pense, je trouve ça absurde: le point culminant du bonheur sportif a coïncidé avec la plus grande plaie de notre ville», philosophe Gasperini. L’entraîneur n’est pas opposé à une reprise du Championnat d’Italie, d’ici trois semaines. «Certains trouvent ça immoral de reprendre. J’ai vu des gens chanter sur leur balcon pendant qu’à Bergame on entassait des cercueils dans des camions. Je n’ai pas trouvé ça «immoral», j’ai considéré ça comme une réaction instinctive, une tentative de s’accrocher à la vie», explique-t-il. Et d’ajouter : «L’Atalanta peut aider Bergame à repartir.»
L’équipe de Bergame est quatrième de la Serie A avec 48 points, 15 de moins que la Juventus Turin, leader. En Italie, le coronavirus a fait un peu plus de 33 000 morts. La Serie A a officialisé sa reprise pour le week-end du 20 juin.<