L’expression «faire du neuf avec du vieux» sied parfaitement à l’USM Alger. En effet, les «Rouge et Noir» viennent de désigner Thierry Froger comme chef de la barre technique. Anthar Yahia, Manager général du club, a décidé de dépêcher un ancien de la maison en pompier. Pour donner une forme de crédibilité à la démarche, le technicien français est présenté comme l’«architecte du dernier titre de champion» des Usmistes décroché en 2018-2019.

En faisant un tour sur les réseaux sociaux pour sonder la tendance chez les supporters, on peut clairement voir que le choix ne fait pas l’unanimité. Toutefois, la direction a décidé de placer sa confiance en celui qui avait laissé les «gars de Soustara» aux commandes du championnat de Ligue 1 après 24 journées lorsqu’il a été viré le 15 mars 2019.
La défaite (2-3) face au MC Alger, intervenue après l’élimination en Coupe d’Algérie (1/8 de finale) contre l’ES Sétif (3-1), dans le derby lui avait coûté sa tête. Par la suite, les camarades du portier Mohamed Lamine Zemmamouche, emmenés par l’intérimaire Lamine Kebir, avaient réussi à décrocher la couronne du champion sur le fil lors de l’ultime journée.

Casting d’urgence
Même si le coach de 57 ans n’avait pas été au bout de l’aventure dans le challenge national dirigeant un total de 32 rencontres toutes épreuves réunies (16 victoires, 7 nuls et 9 défaites), il est présenté comme l’«architecte du dernier titre de champion» comme l’a indiqué le communiqué de la direction pour annoncer l’accord entre les deux partie. Ainsi, l’entraîneur éphémère du TP Mazembe (trois rencontres dirigées seulement entre le 15 février et le 21 mars 2017), se chargera du volet technique jusqu’à la fin de l’exercice en cours.
On comprend donc que Froger ne s’inscrit pas véritablement dans la continuité. Le contrat très court qui lui a été proposé reflète l’incertitude qui règne pour ce qui est de sa désignation. Le nouveau board de l’USMA traîne déjà une erreur de casting. On rappellera cette collaboration qui a volé en éclats avec un match seulement avec François Ciccolini remercié suite à la défaite infligée par le CR Belouizdad en Supercoupe d’Algérie. Un manquement au protocole dans la cérémonie de remise des médailles a été avancé pour justifier la rupture du contrat.

Calfatage et risque de sabordage
Par ailleurs, il semblerait que le renouveau au sommet de la gestion chez le team de la capitale n’a pas désactivé certains circuits influents. Sinon comment expliquer que la formation 8 fois détentrice de la Coupe d’Algérie se rabatte sur un technicien employé par l’ancienne direction ? Une question qui mérite d’être posée. D’autant plus que Froger, qui avait – tout de même – emmené le pôle d’Alger en quarts de finale de la Coupe de la Confédération CAF 2018 avant de se faire sortir par Al-Masry Club (Egypte), n’a pas exercé depuis son éviction de l’USMA il y a presque deux années de cela.
Après une entame de séquence 2020-2021 compliquée, les Algérois devront se reprendre. Dans une mer agitée, Yahia, le Directeur sportif qui a les pleins pouvoirs de l’actionnaire majoritaire Serport, a opté pour le calfatage afin de rendre le bateau plus étanche et moins perméable aux eaux troubles dans lesquelles certaines personnes veulent chasser si l’on croit l’ancien international algérien. En tout cas, c’est un autre choix à assumer. Sera-t-il payant ? Cela reste à voir. n