Son nom a longtemps circulé du côté de l’équipe nationale sans pour autant le voir en prendre les rênes. Djamel Belmadi, continue d’impressionner comme driver. Après avoir remporté le doublé coupe-championnat avec Al Duhail (ex Lekhwiya), l’ancien international algérien a été sacré meilleur entraîneur au Qatar.

Lui qui est toujours en lice avec son club pour décrocher l’Emir Cup puisqu’il affrontera le vainqueur du match Al-Rayyan – Al Gharafa qui ont disputé la demi-finale hier soir. Pour l’ex-numéro 10 de l’Olympique Marseille, un triplé historique est en vue. Un exploit susceptible d’accentuer les insistances pour le voir driver les « Verts » dans un avenir proche. A-t-il les épaules assez larges pour ? Retour sur une reconversion réussie… ou presque. Même Jesualdo Ferreira (Al Sadd) et Michael Laudrup (Al Rayyan) n’ont pas pu l’empêcher d’être élu meilleur driver au Qatar. Une distinction individuelle amplement méritée sachant que, collectivement, son équipe Al Duhail a fait l’unanimité en dominant le championnat et la coupe nationale.
Le parcours dans le challenge national a été quasiment parfait. Belmadi et ses poulains n’ont jamais goûté à la défaite en 22 rencontres (19 victoires et 3 nuls) finissant par dominer la hiérarchie pour la 2e année de suite. Ajouté à cela, le triomphe en coupe qui vient acter cette hégémonie qui est loin d’être récente. Qui a surtout coïncidé avec la venue de Belmadi à la tête de la barre technique du club. Pour rappel, tout avait commencé avec cette accession lors de l’exercice sportif 2010-2011 suivie de quatre distinctions en championnat du Qatar (QNB Stars League).

Huit trophées au palmarès
Dès la première année parmi l’élite de l’Emirat du Golf, Lekhwiya a été consacré champion au terme de l’exercice 2011-2012. Par la suite, le sigle s’est adjugé la Coupe du Qatar en 2016, avant de renouer avec le titre de champion en 2017 et de confirmer avec celui de cette année avec la Coupe Crown Prince du Qatar en prime.
Entre-temps, Belmadi a eu le temps de driver la sélection qatarie avec laquelle il avait conquis la Coupe du Golfe des nations et le championnat d’Asie de l’Ouest en 2014. En tout et pour tout, l’ancien capitaine des « Fennecs » compte 8 trophées club et sélection confondues à son palmarès. Pour lui, il n’y a pas d’autre secret que l’abnégation et le travail en permanence. « La clé de notre réussite, c’est le travail», a-t-il déclaré au mirco de la chaîne El-Kaas ajoutant que : « nous avons beaucoup bossé cette saison pour réussir de tels résultats. On a entamé notre préparation au mois de juillet en travaillant très durement. Cela n’a pas été facile pour nous. Je dois remercier les joueurs qui ont été à la hauteur et qui n’ont ménagé aucun effort pour réussir un tel parcours. On avait à cœur de réaliser de bons résultat cette saison.»

Limogeage du Qatar, seule tâche noire
Si en club c’est la « succes story » pour Belmadi, en sélection du Qatar, ça n’a pas toujours été facile même s’il a eu le temps de gagner deux tournois régionaux avec Al-Annabi (9 victoires, 7 nuls et 4 défaites). A l’approche des éliminatoires de la coupe du Monde 2018, les dirigeants ont décidé d’opérer un changement à la tête de la barre technique de la sélection.
A l’époque, le natif de Champigny-sur-Marne avait déclaré : « on a décidé de mettre un terme au contrat et chacun est parti de son côté. Au départ, l’échéance de la coupe du Monde 2018 était l’objectif. Même si ce n’était pas promis à l’avance, une sélection nationale, ça demande beaucoup de temps. Il faut toute une organisation. On a réussi à gagner deux trophées en trois ans, mais cela n’a pas suffi finalement. La raison de mon licenciement, il n’y a qu’eux (les dirigeants qataris) qui la connaissent.» Pourtant, le Ballon d’Or algérien 2001 estimait avoir fait un boulot considérable comme sélectionneur. «J’ai réussi en peu de temps à changer cette sélection qatarie qui devenait vieillissante. J’ai renouvelé l’effectif en gagnant beaucoup de temps et en redressant l’équipe au niveau des résultats. Après, j’estimais donc qu’il fallait arrêter. J’ai réduit mon contrat et je voulais travailler à court terme. Ce n’est pas tous les entraîneurs qui le font », avait-il jugé. En tout cas, la qualité de son travail ne peut que donner tort à ceux qui l’ont « chassé ». D’autant plus que le Qatar n’a pas pu composter son ticket pour le Mondial 2018 terminant à la dernière place de la poule « A » dominée par l’Iran. Même la Syrie, l’Ouzbékistan et la Chine ont terminé devant…

Du mal à l’international…
Sur le plan international, Belmadi devra faire ses preuves. A titre d’exemple, en Ligue des Champions d’Asie, il ne compte pas vraiment de fait d’armes. En 2012, il avait conclu la phase de groupes à la dernière place avec 6 points glanés en 6 matchs. En 2017, il a fait mieux en sortant des groupes avant de se faire éliminer dès la première rencontre dans le « knock-out round » (huitièmes de finale) par les Iraniens du Persépolis Téhéran sur la plus petite des marges à l’issue des deux confrontations.
C’est là que le bât blesse pour celui qui a joué dans quatre championnats (France, Espagne, Angleterre et Qatar) pour 10 clubs différents durant sa carrière.
En dehors de sa maîtrise technico-tactique au Qatar, il a des preuves à faire en dehors de l’Emirat afin d’avoir plus d’étoffe. Aussi, sa venue en sélection d’Algérie est aussi tributaire d’autre chose que le vécu d’entraîneur : les émoluments. Belmadi ne percevrait pas moins de 100.000 euros mensuels avec Al-Duhail. Un joli paquet que la Fédération algérienne de football (FAF) ne pourrait pas se permettre dans la conjoncture actuelle. Mais qui sait…