Par Feriel Nourine
Le taux de conformité globale à l’accord de limitation de la production pétrolière conclu entre l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et ses alliés, dans le cadre de l’Opep+, est resté très positif en décembre dernier. Il a, en effet, atteint 122% durant le dernier mois de 2021, contre 117% en novembre, rapporte Reuters, citant deux sources de l’Opep.
La conformité des membres de l’Opep a été de 127%, tandis que chez les producteurs non-membres de l’organisation, elle a été de 114%, ont précisé les sources de l’agence de presse britannique.
Ainsi donc, l’engagement des 13 pays de l’Opep et leurs 10 alliés pour le respect de l’accord de réduction conclu en avril 2020 continu à être respecté dans sa globalité, permettant l’amélioration des prix, et ce, en dépit d’une situation sanitaire mondiale toujours menacée par la pandémie de Covid-19, même si la variant Omicron n’a pas eu d’impact sur le rebond de la demande mondiale de brut.
En effet, au-delà des difficultés de production qui se manifestent chez certains pays ces derniers, ou encore des problèmes géostratégiques qui pèsent sur l’offre mondiale d’or noir, c’est la discipline au sein de l’Opep+ qui est en train de réguler le marché, à travers une démarche prudentielle de l’alliance qui permet aux cours de résister.
Dans les séances, les deux références européenne et américaine affichent des hauts à répétition, avec même des sommets qu’on n’avait plus revus depuis plus de sept ans la semaine dernière.
La barre des 90 dollars avait été frôlée par le Brent en milieu de semaine. Et même si les cours se sont repliés le vendredi, le marché a clôturé la semaine à des niveaux encourageants pour les pays producteurs. La référence européenne a lâché 0,55% à 87,89 dollars sur l’InterContinentalExchange, alors que sur le New York Mercantile Exchange, le baril de West Texas Intermediate (WTI) a cédé 0,47% à 85,14 dollars.
Plus qu’un recul, c’est un arrêt de l’envolée des cours qui s’est produite. Une situation que les analystes attribuent à la baisse du marché boursier et la petite hausse des stocks américains. Deux facteurs qui n’ont, toutefois, pu inquiéter sérieusement des cours portés par les tensions en Ukraine et les inquiétudes pour le gazoduc qui traverse le pays.
Alors que les cours de l’or noir profitent de facteurs favorables au maintien de la tendance haussière, les prévisions d’un baril à 100 dollars se font de plus en plus nombreuses de la part des organismes spécialisés. La semaine dernière, c’était au tour de de la banque américaine Goldman Sachs de rebondir sur le sujet, en tablant sur ce seuil de prix au second semestre de l’année en cours.
Évoquant, à son tour, un impact moindre que redouté du variant Omicron sur la demande, conjugué à une perturbation accrue de l’offre, les analystes de Goldman Sachs relèvent que « cela a maintenu le marché mondial du pétrole dans un déficit plus important » que prévu. Dans cette logique, ils s’attendent à ce que le prix du Brent dépasse 90 dollars au cours du premier trimestre pour atteindre 95 dollars au deuxième puis
100 dollars lors de la seconde partie de l’année.
Pendant ce temps, la démarche de l’Opep+, consistant en une ouverture graduelle de ses vannes, continue à être critiquée par les pays consommateurs qui réclament plus de brut de la part de l’alliance pour pallier le manque de l’offre et pour arrêter la hausse des prix.
Mardi passé, c’est l’Agence américaine de l’Energie (AIE) qui s’est chargée d’interpeller les pays producteurs sur la question de l’augmentation de l’offre en demandant plus de brut dans la production des pays de l’alliance. n