Le retour de l’inflation se confirme. Amorcée depuis octobre dernier, la hausse du taux d’inflation en glissement annuel s’est poursuivie en janvier, mois durant lequel elle a atteint 2,6% en moyenne annuelle.

En effet, l’Office national des statistiques (ONS) a indiqué, vendredi, que les prix à la consommation ont à nouveau augmenté en janvier, enregistrant ainsi le quatrième mois consécutif de hausse. En variation mensuelle janvier 2021-décembre 2020, les prix à la consommation ont, en revanche, augmenté de 0,6%, lit-on dans une note statistique rendue publique par l’ONS. Sur l’année, la tendance haussière a concerné essentiellement les produits alimentaires et les produits alimentaires industriels, ce qui suggère que la thèse d’une inflation importée est à prendre en compte dans ce retour de l’inflation. Les prix des biens alimentaires ont affiché une augmentation de 1,0%, une variation induite, aussi bien par l’évolution des produits agricoles frais que par celle des produits alimentaires industriels. Les produits agricoles frais ont connu ainsi un relèvement du prix de 1,3%. Ce relèvement s’explique principalement par une hausse des prix des viandes rouges (+0,9%), des légumes (+6,7%) et du poisson (+8,5%). La même tendance a caractérisé les prix des produits alimentaires industriels qui ont connu également une hausse de 0,8%, traduisant un relèvement des prix de certains produits, notamment, les laits, fromages et dérivés (+0,5%), les huiles et graisses (+4,4%) et les sucres et produits sucrés (+2,3%). Clairement, la hausse des prix des produits alimentaires et des produits alimentaires industriels est due, en partie, au mouvement haussier que connaissent les cours des matières premières sur le marché mondial, notamment ceux des céréales, des graisses et de la poudre de lait. En témoignent les indicateurs de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) qui a indiqué, début février, que son indice des prix des produits alimentaires a augmenté de 4,3% en janvier.
Il a ainsi enregistré «non seulement son huitième mois consécutif de hausse, mais également sa moyenne mensuelle la plus élevée depuis juillet 2014», a indiqué la FAO, soulignant que cette dernière augmentation «est imputable à la forte hausse des sous-indices du sucre, des céréales et des huiles végétales. Les valeurs de la viande et des produits laitiers ont également progressé, mais dans une moindre mesure». L’indice FAO des prix des céréales a augmenté de 7,1% en janvier par rapport à décembre, les prix des huiles végétales de 5,8%, les produits laitiers (1,6%), le sucre (8,1%), etc. Ces variations à la hausse se sont traduites par une augmentation des produits finis et/ou transformés en Algérie, dont le pays est réputé pour être un des gros importateurs des matières premières. Bien évidemment, la dévaluation qu’a connue la monnaie nationale n’a fait que renchérir davantage les produits importés et/ou fabriqués à base d’intrants importés.
Avant octobre, le pays n’avait pas connu une hausse généralisée des prix depuis plusieurs mois, quand bien même la masse monétaire en circulation s’inscrit en hausse en raison, en partie, des quantités d’argent produites par la Banque centrale depuis fin 2017. Mais la combinaison de plusieurs facteurs depuis la mi-2020 a contribué au retour de l’inflation, dont la hausse des prix des produits alimentaires sur le marché mondial, la dépréciation sans cesse du dinar et la décision de suspendre la subvention de l’Etat à certains produits, à l’instar des céréales.
Par ailleurs, l’ONS a indiqué que les prix des produits manufacturés ont augmenté de +0,3% et les services (+0,1%). Par type de biens et de services, les prix des groupes «habillement chaussures» ont enregistré une hausse de 0,6%, ceux du groupe «divers» également (+0,6%), le reste des groupes s’est caractérisé, soit par des variations modérées, soit par des stagnations. Durant toute l’année 2020, le taux d’inflation a atteint 2,4 % contre 2% l’année précédente.