Avant d’être un affront économique avec une ardoise globale de 51.000 euros pour la Fédération algérienne de football et -surtout – la Ligue de football professionnel (LFP), l’acquittement de l’USM Alger dans l’affaire du derby face au MC Alger est une sanction pour la mauvaise application de la loi. Le Tribunal arbitral du sport (TAS) de Lausanne (Suisse) a jugé les responsables de la balle ronde nationale coupables. Fautifs d’avoir risqué de causer une dépression mathématique ayant pu remettre les efforts de la FAF pour boucler le dossier de la saison 2019-2020 en catastrophe. Lecture.

Tout avait commencé en octobre quand la LFP a voulu programmer le derby algérois entre l’USMA et le MCA, en mise à jour de la 4e journée de Ligue, en pleine date FIFA. Ce que les Usmistes ont catégoriquement refusé. Par conséquent, ils ont décidé de boycotter la rencontre qui était censée se disputer le 12 du mois en question.
Le motif avancé par la direction des «gars de Soustara» était qu’ils avaient 5 éléments retenus avec l’équipe nationale militaire qui disputait les Jeux Mondiaux à Wuhan (Chine) et un autre, Mouaid Ellafi, convoqué avec la sélection libyenne. Ils ont aussi estimé que le règlement était en leur faveur puisque les lois qui régissent la compétition du championnat pro stipulent, dans l’alinéa 29-3, que «le championnat de Ligue 1 s’arrête durant les dates FIFA et à chaque fois que l’Equipe nationale des Locaux dispute une rencontre internationale.» En outre, dans l’article 29-4, il est indiqué qu’«un club peut demander le report d’un match s’il a plus de trois joueurs titulaires en équipe fanion convoqués par l’Equipe nationale Olympique.»

La LFP n’a rien voulu savoir
Ces arguments, qui se sont avérés valables aux yeux du TAS, étaient étrangement irrecevables auprès de la Ligue de football professionnel (LFP) qui les avait réfutés catégoriquement en sanctionnant le champion d’Algérie sortant à l’époque. La Commission de discipline de ladite instance a décidé la défaite sur tapis vert (0/3) pour les «Rouge et Noir» en plus d’une défalcation de 3 autres unités assortie d’une amende de 1 million de dinars et la privation des droits TV de la rencontre.
Les Unionistes avaient ainsi décidé d’interjeter un appel, en début du mois de novembre, un appel auprès le Tribunal algérien du Règlement des Litiges sportifs (TARSL), comme première démarche afin d’annuler cette mesure jugée «abusive».
Débouté par le TARSL, c’est auprès du TAS de Lausanne que la direction des Usmistes a déposé un nouveau recours. Cette fois, la requête a été considérée. Dans le verdict il a été noté que «le TAS annule la décision du Tribunal algérien du Règlement des Litiges Sportifs du 16 décembre 2019» en outre, il a été précisé que la structure sis en Suisse «annule la décision du 10 octobre 2019 du Secrétaire générale de la Ligue de Football Professionnel Algérien du 5 octobre 2019 de programmer la rencontre comptant pour la 4e journée du Championnat de Ligue 1 entre le Mouloudia Club d’Alger et l’USMA pour le samedi 12 octobre 2019.» Par ailleurs, toujours comme notifié sur la décision finale, le TAS a annulé «la sanction disciplinaire du 14 octobre 2019 de la Commission de discipline de la Ligue de Football Professionnel algérien.»

La conviction de l’USMA
L’USM Alger aura eu le mérite d’aller au bout de la démarche. Au début du mois d’août, les dirigeants ont même indiqué que «pour la SSPA/USMA, la saison sportive ne sera réellement terminée que lorsque le TAS se sera prononcé sur le litige, pendu depuis la dernière audience tenue le 5 juin 2020. Si la décision sera favorable à la SSPA/USMA, il est clair qu’on sera en droit de revendiquer ce qui nous sera accordé.» A raison, puisque l’instance juridictionnelle mondiale les a «blanchis» ce litige.
Ce couperet remet clairement en considération la compétence des instances nationales, à leur tête la LFP gérée par Abdelkrim Medouar. Pire encore, cette affaire a coûtera 51.000 euros (43.000 euros à payer au TAS et 8000 euros en frais de la défense) que devront se partager la LFP et la FAF. Un joli ticket de caisse qui vient punir la mauvaise appréciation des dispositions réglementaires par Medouar et son équipe.

Pas d’incidence sur les 3 places africaines
Ainsi, les «Unionistes» ont pu gagner cette bataille juridique face à un Medouar qui pensait que la décision de sa commission de discipline était irrévocable. Il avait même défié l’équipe dirigeante de l’USMA d’aller au TAS en lâchant : «Si vous êtes sûrs de votre coup, allez vous plaindre auprès du TAS.» Une improvisation qui aurait pu mettre la FAF et Zetchi dans un sacré pétrin en faussant le classement de la Ligue 1.
Cependant, ce couperet en provenance des terres suisses ne change pas grand-chose au classement par indice (points pris/rencontres disputées) du championnat. Avec un match en moins et 3 unités de soustraites, le MC Alger restera 2e avec un indice 1.7 point (34/20 matchs joués) derrière le CR Belouizdad (1.90 = 40/21) et devant l’ES Sétif (1.68 = 37/22) ainsi que la JS Kabylie (1.63=36/22). Pour ce qui est de l’USMA, elle passe à la 6e place avec 32 points de comptabilisés en 21 sorties (1.52).
Ainsi, le «Chabab» et le «Doyen» disputeront la Ligue des Champions alors que les Sétifiens, même si leur Conseil d’administration pense être en droit de suppléer les Mouloudéens, se contenteront de disputer la Coupe de la Confédération CAF. Pour le 4e ticket continental, étant donné que le Coupe d’Algérie a été annulée, la FAF devra trancher au plus tard demain. C’est la JS Kabylie, 4e du challenge national, qui devrait être désignée. n