Au premier jour de la grève, qu’il a décidé de reconduire hebdomadairement, le Conseil national autonome du personnel enseignant du secteur ternaire de l’éducation (Cnapeste), s’est dit «satisfait» du taux d’adhésion à son débrayage. L’organisation affiche son intention de poursuivre la contestation sous le mode de grève cyclique jusqu’à ce que sa plateforme de revendications soit satisfaite.

PAR MILINA KOUACI
Le syndicat a indiqué, hier, que la grève à laquelle il a appelé a connu une adhésion «massive» à son premier jour dans toutes les wilayas du pays. « Le mot d’ordre a été largement suivi», fait savoir Messaoud Boudiba, porte-parole du Cnapeste. Ce dernier a expliqué que le plus haut taux de suivi a été enregistré dans le cycle secondaire, tandis que le plus bas a été enregistré dans le cycle primaire. Par les chiffres, il a précisé que dans le cycle secondaire, le taux de suivi est de 78%, dans le moyen, il est estimé à 55 %, et 15% dans le cycle primaire.
Le porte-parole du Cnapeste dit avoir enregistré avec satisfaction le «succès» de la première journée de protestation nationale. En plus de la grève, le syndicat a décidé de boycotter les activités administratives, en particulier la remise des notes à l’administration. «Les enseignants vont communiquer les notes à leurs élèves, mais ne les remettront pas à l’administration», a expliqué M. Boudiba qui a écarté toutefois la possibilité d’aller vers une grève ouverte. «Pour l’instant, nous avons décidé une grève cyclique de deux jours chaque semaine», dit-il, ajoutant que «seul le conseil national du syndicat est habilité pour la nature des actions à suivre. Il arrêtera d’ailleurs une date pour la mobilisation régionale et le rassemblement au niveau des wilayas».
M. Boudiba a indiqué que le Cnapeste «ne renoncera pas» à ses actions de grève jusqu’à satisfaction de ses revendications.
Le syndicat exige la revalorisation des salaires, des primes du personnel enseignant et du point indiciaire pour une meilleure situation sociale. Il exige l’ouverture de nouveaux postes budgétaires pour mettre fin à la pression exercée sur le personnel enseignant, qui dispense, au quotidien, un volume horaire important.
Concernant le cycle primaire, le Cnapeste demande de dispenser les enseignants des missions extra-pédagogiques qui leur sont confiées et de les laisser se consacrer à la seule mission de l’enseignement.
S’agissant des libertés syndicales, le Cnapeste exige de préserver l’action syndicale en appelant à la levée de toutes les restrictions, notamment les intimidations et le harcèlement dont sont victimes les syndicalistes.

Révision des programmes : plaidoyer pour l’association des enseignants
Par ailleurs, le ministre de l’Education nationale, Abdelhakim Belabed, a installé dimanche le Conseil national des programmes (CNP). Une instance nationale compétente pour émettre des avis et faire des propositions sur toute question relative aux programmes éducatifs à partir de leur conception et leur élaboration jusqu’à leur évaluation.
L’Union nationale du personnel enseignant et de la formation (Unpef) salue cette décision, mais souhaite que cette instance associe les syndicats enseignants dans le débat et le dialogue. «La corporation qui applique les programmes sur le terrain est celle des enseignants», a indiqué Abdelouahab Zeggar, porte-parole de l’Unpef. Dans ce sens, il estime «logique que les syndicats enseignants soient associés au débat et à la concertation en ce qui concerne les programmes et le système éducatif».
Pour M. Zeggar, «les programmes sont chargés. Nous avons constamment appelé à leur révision, mais en associant les acteurs du secteur, dont les enseignants, pour l’amélioration des programmes et la refonte du système éducatif».
Il y a lieu de préciser que le CNP est chargé de contribuer à la mise en œuvre des programmes et de leur suivi sur le terrain, outre toutes les questions en relation avec les horaires et les moyens pédagogiques et veiller à ce que les préoccupations pédagogiques intéressant les hautes autorités du pays et se concrétisent sur le terrain.
Il a pour mission la conception générale de l’enseignement et l’élaboration des objectifs généraux de l’enseignement à partir des finalités de l’éducation. Il est également chargé de la définition des profils de la formation du personnel d’enseignement par l’exploitation des observations, avis et recommandations émis par le Conseil national d’éducation et de formation (CNEF) et l’Observatoire national d’éducation et de formation (Onef), relatifs aux programmes, moyens didactiques et équipements scientifiques et pédagogiques. <