PAR MILINA KOUACI
Le président Abdelmadjid Tebboune a ordonné de régulariser la situation de tous les titulaires des contrats pré-emploi dans le secteur de l’Education avant la fin de mai 2022. Cependant, le Syndicat national des travailleurs en contrat de pré-emploi revendique l’insertion de tous les employés dans des postes permanents et pas uniquement ceux du secteur de l’Education nationale. Les travailleurs avaient demandé à plusieurs reprises la régularisation de leurs contrats avec effet rétroactif et la prise en compte des années de travail dans la retraite et l’expérience professionnelle ainsi que la réhabilitation des fonctionnaires licenciés «arbitrairement», indique Noureddine Mahmoudi, du Syndicat des travailleurs en contrat de pré-emploi.
Ce dernier dénonce les chefs d’établissement qui contraignent les jeunes travailleurs à renoncer à leurs diplômes et à leur classification dans leur demande d’intégration. «Les jeunes fonctionnaires font une demande d’intégration dans laquelle ils acceptent d’être sous-classés. Nous refusons de renoncer à nos diplômes», clame notre interlocuteur, qui s’appuie sur le décret exécutif 19/336 portant intégration des bénéficiaires des dispositifs d’aide à l’insertion professionnelle et sociale. «Le décret exécutif 19/336 ne stipule pas de renoncer à son diplôme pour être intégré dans un poste permanent», dit M. Mahmoudi, qui refuse le «marchandage avec les déboires de cette catégorie». «Nous demandons au président de la République d’intervenir afin de mettre un terme à cette duperie», dit Noureddine Mahmoudi.
«La décision de renoncement au diplôme est facultative en apparence, mais elle est obligatoire implicitement au vu de la situation psychologique des travailleurs qui attendent l’insertion depuis des années», ajoute Mahmoudi. Nonobstant, il regrette que le même décret ait exclu les diplômés d’autres catégories de la régularisation. Il cite, entre autres, les fonctionnaires du filet social, ceux du secteur privé, ceux dont le contrat a expiré et ceux licenciés arbitrairement.
Le syndicat réclame l’intégration des travailleurs et fonctionnaires contractuels avec effet rétroactif et la régularisation de la situation de l’ensemble des travailleurs, et programme des actions après la fin de Ramadan pour arracher leurs droits, notamment l’intégration dans des postes permanents ainsi que la prise en compte des années de travail dans la retraite et l’expérience professionnelle.
Il y a lieu de préciser que les titulaires de contrat de pré-emploi sont employés notamment dans les secteurs de l’éducation, de la santé, l’université et l’administration.