Ce n’est pas une page qui se tourne mais tout un chapitre tennistique écrit en lettres d’or. Le monument Roger Federer se retire. Vainqueur de 20 Grands Chelems, 6 Masters et 28 Masters 1000, il a été distingué 103 fois sur le circuit ATP. Au-delà du palmarès, le Suisse a été un joueur élégant, ultra-performant et fascinant pour ses supporters mais aussi ses adversaires, spécialement Rafael Nadal qui a été le dernier à l’accompagner vers sa retraite, qui lui ont témoigné un respect qu’il a mérité.

Par Mohamed Touileb
a déclaration résume tout. « Roger qui quitte le circuit, c’est une partie de moi qui s’en est allée avec lui, parce que tous les moments où il a été à côté ou face à moi ont été des moments importants de ma vie », a lâché Rafael Nadal, très émotif au moment du discours d’adieux de son éternel rival.

Talent unique pour surfaces multiples
Si Rafa a remporté plus de tournois majeurs (22), il sait que le Bâlois y est pour quelque chose. Clairement, la rivalité entre les deux a poussé chacun d’eux à se donner à 100% afin de survivre dans ce qui s’apparente à un affrontement sempiternel. Ils ont trusté les différentes distinctions. Ils ont notamment animé l’épique finale de Wimbledon en 2008. Ce duel, terminé au bout de la nuit, restera dans les annales même si l’Helvète ne l’a pas emporté. Lui qui avait triomphé à 8 reprises sur le gazon anglais. Toutefois, les 20 ans sur les courts de RF ne se résument pas seulement à la performance brute. Le tennis a élevé le tennis au rang d’art. Un somptueux revers à une main qui trouvait les angles les plus improbables, un toucher hors pair et une élégance dans la gestuelle qui est, disons-le sans crainte, sans égale. Il a pu triompher sur toutes les surfaces. Si Roland Garros, royaume « nadalien » par excellence, lui a longtemps résisté, il a fini par le conquérir ce fameux et inoubliable 7 juin 2009. Comment ne pas s’en souvenir sachant que c’est l’unique fois où « Fed » a été couronné à Porte d’Auteuil.

Pour beaucoup, c’est le GOAT
Lors de cette édition, le roi Nadal s’était perdu en chemin en sortant dès les 1/8. C’est Robin Soderling, adversaire en finale que Federer avait évincé, qui l’avait éliminé. Il ne refera pas le coup à Roger qui n’a pas laissé passer une chance inouïe d’être primé sur ocre. Son tableau de chasse devenait alors complet. Gazon, brique pilée ou dur, il a montré qu’aucune surface ne pouvait résister à sa maestria tennistique. Les années ont défilé et celui que beaucoup considèrent comme le meilleur joueur de tous les temps a montré une constance remarquable avant que son corps ne commence à montrer des signes de résignation.
A 41 ans, et après des opérations qui n’ont pas pu inverser le processus de l’obsolescence qui a fini par prédominer sur un génie d’excellence, le quintuple vainqueur de l’US Open a fini par dire stop. Conscient qu’il ne fera plus ce qu’il aime, Federer a versé des larmes. C’était certainement en ressassant ses moments de gloire où les sommets de sa discipline étaient gravis avec la fougue d’une jeunesse éphémère. Pour les souvenirs et les frissons, ils resteront indélébiles dans les têtes de ceux qui l’ont côtoyé et supporté. Quelle carrière et quel joueur ce fut ! n