La loi de finances en cours prévoit une augmentation de 17% sur le prix du sucre destiné à usage industriel passant ainsi de 83 DA le kilogramme à 98 DA/kg. Par contre, celui du sucre cristallisé demeure inchangé, soit 95 DA/kg. Une bonne nouvelle pour les consommateurs mais un casse-tête pour les fabricants de produits à base de sucre car contraints à revoir à la hausse le prix de leurs produits.

Par Chalabi Bouzid
A cet effet, les citoyens vont payer plus chers la limonade, les jus, les biscuits secs et tendres, les confiseries, les confitures, les chocolats, les yaourts, les glaces, les pâtisseries et, enfin, les viennoiseries (croissants et petits-fours). Autant dire que cela va entraîner chez les consommateurs des restrictions d’achat de ces produits et, par ricochet, ce sont les producteurs qui vont vite observer un déclin dans leur volume de vente. Mais toujours est-il que certains de ces derniers, contactés par nos soins, nous ont fait part de leur point de vue. Ils estiment à l’unanimité que cette hausse de 17% est trop élevée «car ce sera impossible de ne pas revoir à la hausse nos prix», nous ont-ils confié. Tandis que d’autres s’interrogent «pourquoi une augmentation de la taxe sur la valeur ajoutée sur le sucre non cristallisé que nous utilisons pour produire des denrées très prisées par les consommateurs ? C’est à croire que le législateur s’est focalisé sur les profits que nous tirons de notre activité mais n’a pas pris en considération l’impact négatif de cette hausse de la TVA sur les consommateurs». En effet, des pères de famille que nous avons pu interpeller à la sortie d’une supérette, à propos de la hausse prochaine de produits confectionnés à base de sucre, se sont rejoints à dire qu’ils vont être contraints de baisser leurs achats sur les biscuiteries, yaourts, jus et autres. L’un d’eux lançant ironiquement : « Fini les petits déjeuners copieux.Ce sera dorénavant le café au lait accompagné seulement de tartines de margarine». Un autre habitué à prendre son café au lait avec des croissants dira : « Je vais me contenter d’en prendre une fois sur deux car avec le salaire que je perçois des restrictions s’imposent.» Et de nous préciser qu’ «à raison d’un croissant à 25 DA et un café au lait à 35 DA chaque jour, cela me revient à 420 DA». Ajouter à cela «le coût de mon semblant de repas et de mon café presse de la mi-journée, c’est un total de près de 8 000 DA que je dois débourser mensuellement alors que mon salaire n’est que de 22 000 DA. Avec le nouveau prix de mon croissant matinal, autant s’en priver».
Notons toutefois que certains de nos vis-à-vis ne cachent pas qu’ils redoutent, comme à chaque début de nouvelle année, l’augmentation des prix des produits de large consommation. Une crainte qui s’est éloignée dans la mesure où le ministère du Commerce, à travers un communiqué rendu public hier lundi 3 janvier, a démenti les rumeurs de hausse des prix sur les denrées alimentaires à partir de ce mois de janvier. C’est d’ailleurs ce qu’a signifié le directeur de l’organisation des marchés et des activités commerciales au ministère du Commerce, Ahmed Mokrani, repris par l’APS. Ce dernier déclarant en substance que la loi de finances de l’année en cours ne prévoit aucune augmentation sur les produits alimentaires de large consommation. «Cette précision implique les produits de large consommation. Ce qui interdit donc les hausses de prix initiées par certains spéculateurs», soulignant enfin qu’aucune partie ne peut pratiquer d’augmentations de prix sans autorisation au préalable. <