Ballotée entre les risques d’interférence des Autorités, tensions, manipulation des termes statutaires… la Fédération algérienne de football (FAF), présidée par Kheireddine Zetchi, essaie -tant bien que mal- de résoudre l’équation « sort du championnat » avec un minimum de dégâts. Pas certain que l’opposition qu’elle trouve de la part du ministère de la Jeunesse et des Sports (MJS) ne provoque pas de la casse.

Oui, Zetchi et son Bureau Fédéral pouvaient prendre leurs responsabilités, frapper avec une main ferme et déclarer la fin de la saison 2019-2020. En tout cas, l’article 82 des Statuts de la FAF, qui stipule que le BF peut « prendre une décision sur tous les cas non prévus par les présents statuts ou en cas de force majeure. Il statue dans ce cas conformément aux pratiques et usages reconnus dans le domaine du football », conférait ce droit. Ainsi, elle aurait clos un dossier brûlant et minimiser les tracas des Autorités. Surtout que ces dernières ont des dossiers brûlants quand on connaît la situation sanitaire liée à la Covid-19. Cependant, Zetchi et son équipe ont préféré convoquer une AGEx pour donner un aspect collégial à la décision sur l’avenir du championnat dans son opus 2019-2020. Mais, derrière ce vote, se cacherait une manœuvre manifeste de changer le mode de compétition à partir de l’exercice à venir. Un cas de figure que le MJS a tenu à exclure dans une circulaire envoyée aux différentes instances sportives du pays. Une missive « interdisant de procéder à la moindre modification dans leurs règlements intérieurs à l’approche des assemblées générales électives.»

Deux feuilles de route
Il faut savoir qu’une démarche pareille serait non-conforme à la loi 13-05, relative à l’organisation des activités physiques et sportives, qui interdit aux fédérations de modifier leurs systèmes de compétition durant l’année olympique. C’est pour dire que la FAF n’est pas en mesure de faire passer la Ligue 1 à 20 clubs et la Ligue 2 à deux groupes de 10 au lieu d’un seul tableau à 18 prétendants. En tout cas, pas avant l’Assemblée élective pour élire le président pour le mandat 2020-2024. Du coup, pas de lifting pour le championnat selon ce segment.
D’un côté, on a la tutelle qui veut faire respecter sa feuille de route. De l’autre, il y a Gianni Infantino, boss de la FIFA, qui a assuré, le 6 juin dernier aux différents patrons de fédérations, que son institution « a pleinement confiance dans les décisions que vous avez prises ou que vous prendrez, en concertation avec les gouvernements et les autorités sanitaires de vos pays respectifs », tout en espérant que « l’outil d’évaluation des risques de l’OMS et nos recommandations vous aideront à faire les bons choix.»

« Consultation » sous forme d’alliance
Aussi, le successeur de Sepp Blatter a témoigné un soutien sans faille « quelles que soient vos décisions » non sans estimer que « dans une telle situation, il n’y a pas de bonne ou de mauvaise réponse.
Chaque pays est différent. Vous êtes certainement les mieux placés pour évaluer votre propre situation et trouver la solution la mieux adaptée pour faire face à ce gigantesque défi. La tolérance et la compréhension sont importantes, surtout ces temps-ci.»
Si la FAF a priviligié, pour ne pas être taxée de prise de partie pour un club ou un autre, une concertation auprès de son Assemblée, les tractations avec le MJS sont restées à l’état embryonnaire sachant que chacune des deux parties a montré du jusqu’auboutisme. Du côté de Dely Brahim, on a opté pour une « consultation ». Sauf qu’elle cachait une gymnastique réglementaire. Car dans le cas où les votants sont unanimes pour que le challenge s’arrête en plus de faire accéder 4 clubs et annuler la relégation, on passera de facto à 20 teams dans le premier palier footballistique. Sid-Ali Khaldi, ministre de la Jeunesse et des Sports, et son département veulent faire avorter ça alors que Zetchi use de forceps pour donner la naissance à une D1 Pro à 20. Tout ça n’est pas naturel. n