Le sacre de la CAN-2019 lui a conféré l’aura continentale, son record d’invincibilité lui
a donné un écho international, Djamel Belmadi est probablement l’entraîneur qui aura eu
le plus d’impact sur la sélection nationale. Mais pas que. En effet, la sortie du Président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, qui l’a soutenu publiquement face à un « complot » qui le viserait ainsi que l’EN, vient prouver que Belmadi est bien un coach à l’influence qui dépasse le cadre du sport et de la performance.

Par Mohamed Touileb
Belmadi, c’est un titre africain, une série de 33 matchs sans défaite et une fascination qui touche toutes les couches jusqu’à la sphère politique et le Palais d’El-Mouradia. Le Président de la République « himself » a évoqué le driver des « Verts » dans une entrevue avec la presse jeudi soir. Il a voulu assurer Belmadi du soutien de l’Etat dans ce qu’il estime « une campagne de déstabilisation » qui vise le technicien ainsi que notre sélection.

La réunion en haut lieu de mars dernier
« L’équipe nationale a notre soutien. Ils essaient de la casser. Ils cherchent à atteindre le moral de Belmadi. Et pas uniquement ici en interne. Il y a quelques éléments internes, mais tout vient de là-bas. Leurs sites sont mobilisés pour créer des problèmes à l’Algérie par tous les moyens», a déclaré M. Tebboune. Allusion faite au voisin marocain qui chercherait à briser la dynamique des « Guerriers du Désert » par des moyens extra-sportif. Comprenez donc que l’enjeu dans les circonstances politiques actuelles dépassent largement l’aspect purement footballistique. En tout cas, Belmadi a déjà été concerné (même s’il n’avait rien demandé) dans une manœuvre « politico-sportive » à l’approche des élections pour la présidence de la Fédération algérienne de football (FAF). Le sort de Kheireddine Zetchi, avec qui l’ancien entraîneur d’Al-Duhail SC a une proximité certaine, était déjà scellé. La crainte de le voir partir après le départ de Zetchi était bien présente. Ainsi, le premier responsable du pays n’a pas hésité à le recevoir en privé, fin mars dernier, pour s’assurer qu’il continuera à mener les « Fennecs » pour les prochaines échéances.
Au-delà du foot
À partir de ce moment, on a pu comprendre que l’ancien international algérien était devenu plus qu’un simple homme qui coache des footballeurs et met en place des tactiques pour disputer des matchs. Incarnation de la réussite algérienne et connu pour son franc-parler et sa lucidité, l’architecte du sacre lors de la dernière CAN est un pilier dans le paysage algérien. Aux yeux du peuple, Belmadi suscite l’adulation. À partir de là, il devient une personne à protéger. Ce que les politiques du pays n’ont jamais hésité à faire. Avant M. Tebboune, c’était Abderrezak Sebgag, ministre de la Jeunesse et des Sports (MJS), qui avait indiqué, en octobre dernier, après l’épisode de la pelouse de Tchaker, que « le sélectionneur démontre, à chaque occasion, son professionnalisme et de surcroît son engagement à concrétiser les ambitions de toute la nation. Sa franchise dans ses propos et son désir de contribuer à développer le football national font de lui un homme sincère ». Si on ne lui a pas encore fait de statue, Belmadi s’est assuré d’avoir un statut d’intouchable avec une stature qui va au-delà du sport roi. Belmadi, c’est une sorte de « magistrature » à la notoriété dans son stade suprême. Et ça, tous les Algériens l’ont compris. Même le Chef de l’Etat.