La faillite sautait aux yeux et la défaite semble indigeste. La dernière sortie ratée de l’Equipe nationale contre le Cap-Vert aurait persuadé les responsables de la Fédération algérienne de football (FAF), à leur tête le président Kheireddine Zetchi, de l’incapacité du sélectionneur Rabah Madjer à coacher les « Verts ».

Des bruits de couloirs donnent le successeur de Lucas Alcaraz limogé. Il devrait diriger son dernier match face au Portugal dans trois jours.
Même si Madjer n’a pas l’intention de jeter l’éponge, il en serait contraint. Si le patron de la FAF ne s’est pas exprimé après la déconvenue subie vendredi dernier face aux Cap-verdiens, un autre responsable du sport en Algérie a eu son avis sur cette contre-performance. Il s’agit du ministre de la Jeunesse et des Sports, Mohamed Hattab.
« Il faut avouer que c’est une défaite qui fait mal. Même si c’est un match amical, on parle de l’Algérie là, nous avons de grands joueurs avec un niveau mondial. Il faut profiter de ces talents qui sont au sein de l’Equipe nationale. Franchement, c’est un résultat décevant’ », ce sont là les propos de l’homme qui a remplacé El-Hadi Ould-Ali, qui était pour le parachutage de Madjer sur le banc des «Fennecs», à la tête du MJS.
Le boss de la bâtisse sise à la Place 1er Mai ajoutera qu’ « il faut réfléchir avec les acteurs du mouvement sportif national pour trouver des solutions. Aujourd’hui, les pays voisins préparent le Mondial-2018 qui procure une joie à toutes les générations. Il faut tirer les leçons pour se lever avec force et ne pas tomber dans les mêmes erreurs afin de ne pas rater le prochain rendez-vous.» La désolidarisation est manifeste. Le driver de l’EN n’a plus le soutien des personnages de l’Etat. Lui qui a pu compter sur des appuis importants de la sphère politique pour son avènement à la tête de la barre technique du « Club Algérie». Les prémices d’un limogeage sont là. Même si Zetchi n’a rien laissé officiellement filtrer à ce sujet.

Halilhodžić exigé
En tout cas, si la FAF veut agir, ça sera le meilleur moment d’autant plus que les délais sont courts. L’arrivée d’un nouvel entraîneur est plus qu’une urgence parce que sous Madjer, les coéquipiers de Riyad Mahrez ont perdu les « b.a.-ba » du football. Le public présent vendredi au stade 5-Juillet 1962 n’a d’ailleurs pas raté l’occasion pour réclamer la tête de l’emblématique joueur du FC Porto. Pour les supporters, le successeur est tout désigner : Vahid Halilhodžić.
Le Bosnien a laissé un souvenir impérissable dans la tête des Algériens puisqu’il avait réussi à qualifier la sélection en huitièmes de finale de la Coupe du Monde en 2014 au Brésil. Une première dans l‘histoire de la balle ronde Dz conclu par ce match héroïque  face à l’Allemagne championne du monde en titre.
Ça tombe bien puisque coach Vahid est libre depuis que la Fédération japonaise de football a décidé, début avril écoulé, de rompre le contrat qui liait les deux parties. Ce n’était pas faute de performances puisque V.H avait réussi à qualifier les « Samouraïs » au Mondial russe prévu dans deux semaines. S’il est sans job, on ne sait pas si l’ex-entraîneur du Paris Saint-Germain sera d’accord pour revenir coacher « El-Khadra ».
Toutefois, la FAF devrait avoir d’autres solutions. Il lui suffit d’attendre la fin du tournoi universel pour se rabattre sur l’un des sélectionneurs. On pense ici à Hervé Renard qui dirige le Maroc et dont le nom a souvent circulé pour driver Yacine Brahimi & cie. Aussi, Djamel Belmadi reste une piste plausible. Lui qui ne cesse d’impressionner avec Al-Duhail (ex-Lekhwiya/Qatar).

Le moment ou jamais !
En tout cas, le creux qu’il y aura après la dernière sortie de ce mois de juin face au Portugal devrait permettre de remettre un peu d’ordre au sein de notre sélection. Le prochaine date importante n’est programmée qu’au début septembre. Ça sera une rencontre qui comptera puisqu’elle le départ rentre dans le cadre des éliminatoires de la Coupe d’Afrique des nations 2019 à laquelle l’Algérie, il faut le souligner, n’est pas encore qualifiée.
Les « Guerriers du Sahara » auront un déplacement périlleux à Banjul pour donner la réplique à la Gambie. Un rendez-vous que Madjer attend(ait) avec impatience puisqu’il ne cesse(ait) de sortir cette affiche à chaque conférence de presse. A faire croire que les Gambiens deviendront des Brésiliens dans 3 mois.
Pas sûr donc que l’inventeur de la talonnade soit en place d’ici là. Même s’il a montré son intention de poursuivre sa mission.
« Non, je ne démissionnerai pas car j’ai du respect pour cette équipe et j’ai du respect pour mon pays. Je sais que si je pars, je vais condamner cette équipe. Il y aura une cassure sans précédent au sein de la sélection, pire que ce qui s’est produit auparavant », prédisait-il en conférence de presse il y a quatre jours. Au vu de la sécheresse footballistique, le déluge serait le bienvenu.