A dix jours de la fin du mois de janvier, le vaccin anti-Covid n’est toujours pas arrivé en Algérie. Une attente, avec impatience pour certains, qui s’est transformée au fil des jours en véritable polémique. Elle a été créée par rapport à un seul repère, celui de l’ultimatum donné par le président Tebboune pour débuter la campagne de vaccination. Aux propos rassurants que répétaient, depuis plusieurs semaines, les responsables du secteur de la santé, succèdent le doute et le flou.
Toujours pas d’arrivage donc, et le mode «attente» commence à peser sur le ministère de la Santé et tous ceux concernés par cette opération, marquée du sceau «priorité absolue».
Aux petites réponses consensuelles aux questions (im) posées, les interrogations persistent encore et toujours. Le fameux Spoutnik 5 des Russes n’est pas encore arrivé et les explications officielles restent superflues. Le vaccin chinois aux abonnés absents et, encore une fois, pas d’éclaircissements concrets. Le troisième produit annoncé, le britannique AstraZeneca n’est pas encore tombé dans la case «attente», puisque sa «venue» est prévue le mois prochain.
Les représentants du ministère, en premier lieu, Abderrahmane Benbouzid, et ceux du Comité scientifique de suivi de la pandémie Covid-19, essaient plus ou moins d’être sur le terrain médiatique pour atténuer les inquiétudes de ceux qui attendent les vaccins, mais ça reste toujours peu concluant. C’est que la question principale, qui s’impose, n’a pas encore de réponse. Quelles sont les raisons de l’absence des vaccins sur le «marché» algérien ? Quasiment à chaque fois qu’ils sont interpellés, les responsables du secteur de la santé bottent en touche. Pour eux, l’opération est toujours en «gestation» et ils restent dans les délais.
Ce qu’ils n’osent pas dire, c’est qu’ils ne veulent pas sortir du «politiquement correct». Les fournisseurs russes et chinois tardent dans l’acheminement des vaccins vers l’Algérie pour une question de priorités. Ces pays (à eux deux, représentent une population de plus de 1,5 milliard d’habitants) doivent avant tout s’occuper des «leurs» avant d’aspirer à exporter.
Evidemment, à l’instar des laboratoires américains et européens, la Russie et la Chine profitent bien du fait qu’ils soient en position de force. Les demandeurs auront toute la latitude de vivre, encore une fois, les effets des dépendances qui n’ont que trop duré.