La galerie d’art le Paon, récemment ouverte au centre des arts de Riadh El Feth, organise dès demain, l’exposition intitulée «Le Soleil se lève à l’Ouest» de l’artiste Mayuka Wakai à partir de 15H et jusqu’au 15 mars. L’intitulé de l’exposition est une allusion au Japon, pays du «Soleil Levant», à sa culture et ses traditions, et mettra en avant le travail de l’artiste japonaise spécialisée, depuis plus de quinze ans, dans la création de lithogravures, un mode d’expression artistique particulièrement complexe et presque disparu en Algérie. Rendez-vous axé en ce sens autour d’une trentaine d’oeuvres, des lithogravures principalement mais aussi cinq peintures réalisées par l’artiste en Algérie, où elle est établie depuis plus d’un an et demi. Les responsables de la galerie nous ont ainsi précisé, hier, que Mayuka Wakai, notamment issue des Ecoles des beaux-arts de Nagoya (Japon) et Dijon (France), s’était associée à l’Ecole des beaux-arts d’Alger, qui a mis à sa disposition son atelier ainsi qu’une partie de son matériel.
La lithogravure, un art qui reste intimement lié à la culture japonaise, rappelle la galeriste Amel Mihoub, et nécessite un savoir-faire particulier ainsi que l’utilisation d’acides, d’encres et d’un matériel important. «Contrairement à ce que l’on pourrait penser, la lithogravure est un art loin d’être simple», affirme la galeriste. Mayuka Wakai ayant ainsi réalisé les œuvres au moyen de plaques de cuivre gravées, d’acides, d’encres diverses, ainsi que d’une presse lourde pour l’impression des œuvres. Quant à la préparation et l’objectif de l’exposition, organisée à la suite d’une rencontre entre la galeriste et l’artiste, Amel Mihoub nous confie : «J’ai connue Mayuka Wakaii presque par hasard. Nous nous sommes croisées alors qu’elle cherchait du matériel pour la réalisation de ses œuvres (…) Nous avons discuté puis convenu d’organiser cette exposition, sa première en Algérie.» L’intérêt de cette exposition est qu’au-delà de la présentation du travail, d’une autre vision de l’art, il s’agit aussi de remettre en avant un mode d’expression presque totalement disparu chez nous. Amel Mihoub note ainsi que «la lithogravure est un art que nous avons perdu en Algérie, la majorité des artistes nous ayant quitté. En fait, cette spécialité n’existe même plus à l’Ecole des beaux-arts, les cours existent bien, mais aucun n’artiste n’obtient de diplôme dans cette branche». « Une disparition faisant également écho aux habitudes des acheteurs d’art algériens qui privilégient généralement les peintures », précise la galeriste. n