Par Sihem Bounabi
Après deux années d’accalmie, le Syndicat national des praticiens de la santé publique (SNPSP) annonce, dans un communiqué, le retour dans les prochains jours d’un mouvement de protestation sur le terrain avec des sit-in et des grèves jusqu’à ce que les différentes revendications des praticiens de la santé publique soient «sérieusement» prises en charge par les autorités concernées. Au sujet de ce mouvement de protestation, Lyes Merabet, président du SNPSP, explique que «ce sont des propositions qui viennent de la base et des adhérents, qui sont mécontents et demandent le retour à la protestation, car les différents dossiers ont trop traîné. Nos adhérents ne perçoivent pas qu’il y a une réelle volonté de la part des pouvoirs publics de bien faire et d’apporter concrètement des solutions». Affirmant que «jusqu’à présent, on est toujours au point des promesses et des engagements qui n’ont pas été tenus, malheureusement». Parmi les revendications principales du SNPSP, il y a le dossier concernant l’organisation des concours d’accès au grade supérieur, soit la promotion de carrière pour le corps de santé publique». A propos de ce volet, Lyes Merabet souligne : «Nous avons demandé une réunion de travail pour l’installation d’une commission de spécialistes afin de travailler sur ce dossier. Le Premier ministère a donné son feu vert, mais jusqu’à présent, nous n’avons aucun détail sur le déroulement de cette opération.»
Parmi les points d’interrogation qui demeurent sur ce dossier, il y a celui des conditions d’accès à ce concours. Quand est-ce que cela va être programmé et est-ce que cela va s’étaler sur une ou deux années ? Lyes Merabet estime à ce sujet que «nous avons beaucoup de zones d’ombre quant au déroulement des opérations». Il tient à préciser que lors de l’audience avec le ministre de la Santé, le 2 mars dernier, M. Benbouzid s’était engagé «pour l’installation de cette commission technique pour avoir des réponses sur le déroulement de cette opération d’accès aux grades supérieurs, mais pour le moment rien n’a été fait». Le deuxième dossier au centre des revendications du SNPSP : la classification des diplômes de Doctorat de médecine dentaire et Doctorat en pharmacie. Lyes Merabet estime que «ce dossier traîne depuis 2012, et il y a eu plusieurs actions de protestation, à travers des manifestations et des sit-in dans la rue et des mouvements de grève. Les étudiants en pharmacie et en médecine dentaire ont également entamé plusieurs manifestations et grèves en 2014 et 2015. Depuis, nous sommes revenus dans le cadre de la négociation avec le ministère de la Santé autour d’une table. Nous avons finalisé un accord qui a été signé entre les deux parties, en 2018, où nous avons classé ces doctorats au niveau de la grille des salaires. Mais, depuis cette date, le dossier est au niveau de la Fonction publique et jusqu’à présent, il n’y a aucune suite». Il y a également la revendication pour l’ouverture des discussions autour de la régularisation du statut particulier des praticiens généralistes et spécialistes de la santé publique, médecins dentistes et pharmaciens. «Une requête qui date de plus de dix ans. Et jusqu’à présent, ce n’est pas encore pris en charge concrètement.» Il y également les indemnités et les primes de zones de praticiens qui travaillent dans les régions du Sud et des Hauts-Plateaux qui sont toujours calculés sur le barème de l’ancien salaire de base de 1989, alors que depuis cette date, le salaire de base a nettement changé. Il a ainsi déploré que ces différentes revendications traînent depuis des années : «On est les oubliés.»
«Ça fait deux trimestres que la prime Codiv n’a pas été versée»
Par ailleurs, en plus des revendications socio-professionnelles, le communiqué du SNPSP revient également sur les engagements du Président de la République relatifs à l’impact de la pandémie sur les professionnels de la santé. Parmi ces engagements, il s’agit notamment du respect de l’engagement de M. Tebboune quant au versement de la prime Covid-19. Lyes Merabet affirme que «cela fait deux trimestres que cette prime n’a pas été versée, alors que nous avons déjà entamé un mois du troisième trimestre». Le SNPSP dénonce également le non-versement des indemnisations annoncées par M. Tebboune d’un montant de 100 millions de centimes pour toutes les familles qui ont perdu un membre de leur famille, qu’il soit praticien ou professionnel de la santé dans le cadre de la pandémie. Le président du SNPSP affirme : «A notre connaissance, dans le corps médical aucune famille de praticiens, endeuillée dans le cadre de la lutte contre la pandémie, n’a à ce jour perçu cette indemnité.»
L’autre engagement du Président de la République, qui figure également dans la liste des revendications, est celui concernant la bonification de la retraite du personnel de la santé mobilisé dans le cadre de la pandémie du coronavirus. Il a été décidé par le Président de la République que «pour deux mois travaillés, il y a l’équivalent de cotisations de six mois pour la Caisse des retraites». «Jusqu’à présent, rien n’a été mis en place pour l’application de cette décision présidentielle de la bonification des retraites des professionnels de la santé mobilisés dans le cadre de la pandémie. Et on ne sait toujours pas comment cela va se faire». Il y a aussi les engagements du Président d’assurer une couverture d’assurance sociale de 100% pour tous les professionnels de la santé publique, mais jusqu’à présent rien n’a été également fait, a-t-il assuré. n