Le président du Syndicat national algérien des pharmaciens d’officine (Snapo) Messaoud Belambri juge que la mise en place d’une Agence nationale de la sécurité sanitaire, annoncée lundi dernier par le chef de l’Etat Abdelmadjid Tebboune, est d’une grande importance «pour peu que les décisions de cette structure soient appliquées à la lettre sur le terrain», a-t-il précisé. Ce dernier, qui se prononçait hier au micro de la Chaîne I, et toujours à propos de l’agence, souhaite que «ses membres soient à la hauteur de leur mission». Sur ce dernier point, il espère que l’agence ne travaillera pas en vase clos. «Bien au contraire, elle doit rester à l’écoute de toutes les suggestions qui lui parviennent de toutes les parties prenantes et sans exception, sans quoi elle perdra de son efficacité». Concernant la mission d’une telle agence, l’invité de la radio a indiqué : «Elle va permettre d’élaborer des perspectives et surtout de se préparer à des risques de pandémie. C’est d’ailleurs ce dont nous avons grandement manqué dès l’apparition du Covid-19 chez nous.» Rappelant au passage le manque de barrière de protection comme le gel hydro-alcoolique et autres produits de protection, non sans parler de disposer de matière première suffisante pour la production de médicaments nécessaires pour freiner la propagation de tout virus, comme c’est le cas pour la chloroquine et autres molécules. En somme, pour Belambri, l’Agence se doit de travailler «dans la perspective de faire face à tout fléau sanitaire de grande ampleur». Au sujet de la réforme de notre système de santé, comme l’a avancé le chef de l’Etat lors de sa sortie de terrain, Belambri a rappelé tout de go : «Nous n’avons eu de cesse d’interpeler les pouvoirs publics pour procéder à une refonte profonde de notre système de santé d’amont en aval.»
Revenant sur le rôle des officines en cette période critique, il soulignera que les pharmacies se sont mobilisées non sans faire remarquer que les officines n’ont pas pu se ravitailler pendant toute une semaine et du coup des patients se sont retrouvés sans médicaments. A propos du manque de masques de protection et de gel hydro-alcoolique au niveau des officines, il a expliqué que les stocks disponibles au niveau de la Pharmacie centrale sont destinés exclusivement aux personnels de la santé. Mais ce dernier estime que prochainement les masques seront disponibles grâce à l’entrée en production d’unités industrielles. «Les masques vont être progressivement disponibles sur tout le territoire national», a-t-il annoncé. Quant au gel hydro-alcoolique, le président de la Snapo n’a pas mâché ces mots et s’est dit outré par la loi qui «prive notre profession de disposer d’alcool éthylique alors que nous sommes des préparatrices officinales, c’est d’ailleurs notre vocation». Interrogé sur le manque de certains médicaments dans les officines, le syndicaliste n’a pas manqué d’indiquer que «ces ruptures n’ont aucun lien avec la crise sanitaire car elles datent depuis longtemps». Toujours dans ce même registre, ce dernier a mis à profit son passage à la Radio pour avertir le ministre de la Santé que «des malades chroniques soumis à un traitement à la chloroquine, depuis plus de cinq ans, se retrouvent du jours au lendemain privés de ce médicament depuis que la ministère de la Santé a décidé que la chloroquine est interdite à la vente au niveau des officines, alors qu’elle leur est indispensable, car leur état de santé pourrait se dégrader faute de ne pouvoir prendre de la chloroquine». Et de lâcher : «Je tire la sonnette d’alarme afin que la tutelle trouve au plus vite une solution à cette situation.» Par ailleurs, au sujet du marché du médicament, le risque de perturbation pointe à l’horizon «en raison du programme d’importation qui tarde à se finaliser», a-t-il révélé avec appréhension. En effet, il s’inquiète du fait que «nous sommes en avril et rien n’est fait dans ce sens. Du coup, nous risquons de nous retrouver face à deux graves problèmes de santé, le Covid-19 et l’urgence de prendre en charge des malades chroniques».
Messaoud Belamari a enfin tenu à souligner, à propos de l’agence de sécurité sanitaire, que «celle-ci a besoin d’une ordonnance du Président afin de la rendre efficace sur le terrain». n