Petite passe d’armes, hier, entre le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale et le Syndicat des pharmaciens d’officine (SNAPO). A l’origine de cet échange, indirect faut-il le préciser, l’annonce hier par le ministre Mourad Zemali que « vingt-quatre nouveaux médicaments ont été inscrits dans la nomenclature des médicaments remboursables ».

M. Zemali, qui rassurait les citoyens après des rumeurs sur un présumé retrait de certains de médicaments de cette liste, a affirmé qu’ « aucun médicament n’a été retiré de la nomenclature des médicaments remboursables. Au contraire, nous y avons ajouté vingt-quatre médicaments supplémentaires », a-t-il fait savoir.
Le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale a cependant précisé que «seule la marque Aspegic pour enfant, qui est notamment consommée par les adultes hypertendus, est concernée par un changement en matière de remboursement». Des propos auxquels a réagi hier le président du Syndicat national algérien des pharmaciens d’officine (Snapo).
Messaoud Belambri a tenu à nuancer, voire réfuter les déclarations du ministre en affirmant que « certaines nomenclatures ne sont plus remboursables. Et il faut que les autorités concernées le disent aux citoyens», a-t-il insisté. Le ministre parle de la fin du remboursement de l’Aspegic pour enfants âgés de 3 ans à 7 ans alors que cette catégorie ne prend plus de l’Aspegic, mais du paracétamol », a ironisé le représentant syndical de la profession des pharmaciens.
En guise de rectification, M. Belambri a déclaré que l’Aspegic reste, en revanche, très prisé par les adultes hypertendus et les femmes enceintes : « Les hypertendus comme les femmes enceintes le prennent quotidiennement » sur indication médicale, a-t-il ajouté en précisant que ce médicament a été sorti des produits remboursables « depuis le 19 novembre dernier».
« Les pharmaciens n’ont plus le droit d’inscrire ce produit dans le cadre du dispositif tiers-payant. Les patients se trouvent donc contraints de se le procurer à 130 dinars la boîte, alors qu’il s’agit d’un traitement à vie », a ajouté le président du SNAPO. M. Belambri poursuit la contradiction en affirmant, contrairement à ce qu’a dit M.Zemali sur l’existence d’un générique de remplacement de l’Aspegic fabriqué en Algérie, qu’aucun produit de ce type de produit n’est disponible sur le marché local.
Et d’ajouter : « L’Aspegic n’est pas uniquement le seul médicament non remboursable, c’est également le cas pour la Biafine ». « La Biafine n’est remboursable que pour les cancéreux alors qu’il est essentiel aussi pour les soins de brûlures des 2e et 3e degrés ». « Les possibilités de remboursements pour certaines nomenclatures sont réduites sans que les autorités concernées ne nous communiquent l’information», s’est indigné le président du SNAPO.
Deux décrets ministériels relatifs aux tarifs de référence de base pour le remboursement du médicament et les nouvelles conditions d’accès au remboursement de certains médicaments « ont été signés en août dernier». «Le Snapo a eu des rencontres à ce sujet avec des cadres du ministère du Travail, mais sans qu’on nous tienne au courant de cette mesure », déplore encore M. Belambri. Le président du Snapo accuse les responsables de «ne pas faire » le « travail d’information nécessaire avec les médecins, les assurés et les pharmaciens ».