C’est le 12 septembre prochain que le successeur de Mustapha Berraf, président démissionnaire du Comité olympique algérien (COA) depuis le 12 mai dernier, devrait être connu. Le dépôt de candidature sera clos aujourd’hui (17h) à 9 jours de l’Assemblée générale extraordinaire (AGEx) élective. Dans le processus, des irrégularités sont à relever. Et cela pourrait altérer la crédibilité de l’élection à venir.

Mohamed Meridja, patron intérimaire du COA, a récemment assuré que l’instance « réunira les meilleures conditions pour la tenue, dans une totale sérénité, de l’AG élective». Ce rendez-vous décisif doit, selon lui, « être tout d’abord une rencontre conviviale entre les acteurs du mouvement sportif national, mais aussi une occasion pour les retrouvailles après plus de cinq mois de confinement en raison de coronavirus.»
Aussi, l’ancien champion du judo a assuré faire en sorte que « les travaux de l’AGE se déroulent dans une sérénité totale, qui permettra aux membres votants de choisir en toute quiétude le futur président du Comité olympique et Sportif algérien». Le défi est là pour marquer le renouveau dans la structure morale du sport national. Les membres de l’Assemblé générale devront, conformément aux dispositions statutaires et réglementaires en vigueur du COA, élire un président « qui aura à gérer le reste du mandat olympique». La deadline du quadriennat serait pour le mois de mai prochain.

Bernaoui, le boulet de ministre
Ce qui est à relever, c’est qu’il fallait d’abord tenir une Assemblée et dégager une Commission chargée des candidatures et de recours afin que le procédé électif soit conforme à la réglementation. Chose qui n’a, étrangement, pas été faite. Ainsi, le Secrétaire Général (SG) Abdelhafid Izem reçoit lui-même les postulations. Pour examiner ces dernières, aucun comité n’a été mis en place. En outre, pour d’éventuels recours en cas de rejet du dossier, on ne sait pas qui solliciter. D’ailleurs, la candidature de Salim Raouf Bernaoui, déposée lundi dernier, devrait poser problème car le concerné est statutairement inéligible. En effet, il était le premier responsable du ministère de la Jeunesse et des Sports (MJS) entre mars 2019 et janvier 2020. Cette fonction gouvernementale lui interdit, selon un décret datant de 2007, de postuler pour une quelconque fédération ou comité dans les deux années qui suivent la fin de son activité au sein du gouvernement. En faisant les calculs, cela ne fait seulement que 9 mois que Bernaoui a rendu sa valise ministérielle. Dans la logique des choses, il ne pourra pas se présenter pour la présidence du COA. En outre, le fait qu’il ait présenté un programme n’est pas vraiment en adéquation avec la conjoncture et les enjeux véritables de la prochaine AGEx élective, puisque le vainqueur ne fera que suivre et appliquer le programme élaboré par l’équipe Berraf.

Hammad bien placé
Pour ce qui est des éventuels prochains présidents, c’est Abderrahmane Hammad, actuel membre du Comité exécutif, qui semble être le grand favori pour succéder à Berraf sur le fauteuil du boss du COA. D’ailleurs, il était le 2e vice-président de l’ancien patron des lieux. Le médaillé de bronze des Jeux Olympique de Sydney présente un profil intéressant de par son expérience du sport du haut niveau. Il devra, néanmoins, se débarrasser de l’étiquette de collaboration avec un Berraf qui n’a pas franchement laissé la réputation de probité avant son départ sachant toutes les casseroles qu’il a trainées. Tout le monde ne se bouscule pas pour ce vote afin de désigner un maître du bord provisoire du COA. Dans des conditions normales, ce dernier aurait dû être élu sous un délai de 40 jours après la démission du président sortant comme le stipulent les dispositions statuaires du COA. Toutefois, le contexte sanitaire a empêché la tenue de l’AGEx dans le temps imparti. n