Pendant des années, Roger Federer et Rafael Nadal s’étaient livrés à une lutte sans merci. Vint alors Novak Djokovic pour jouer les troubles fêtes. Personne n’imaginait que le Serbe allait sérieusement bousculer la hiérarchie mondiale tant le Suisse et le Serbe semblaient être partis pour tout se partager. En 13 ans, Nolé a construit sa réputation et sa notoriété pièce par pièce. Aujourd’hui, il n’est qu’à une longueur pour compiler 20 Grands Chelem. Une barre que ces deux rivaux de toujours ont déjà atteinte.

Par Mohamed Touileb
En 2008, quand Djokovic a remporté son premier tournoi majeur à l’Open d’Australie contre Jo-Wilfried Tsonga, Roger Federer comptait alors 12 titres de Grand Chelem. Rafael Nadal en avait collectés 4. Depuis avril 2017, quand il avait décroché son premier Masters 1000 pour annoncer la couleur, le Serbe a enfilé les trophées comme des perles.
Unique auteur du «double career Grand»
Au total, il a remporté 84 titres en simple sur le circuit ATP. L’édition 2021 de Roland Garros, qu’il a remportée dimanche dernier en battant Stefanos Tsitsipas en finale, représente son 19e tournoi du Grand Chelem. A cette remarquable quête, on ajoutera 5 Masters et 36 Masters 1000. Dans ce dernier domaine, il co-détient le record de consécrations avec «Rafa». C’est en soi un signe que le natif de Belgrade n’a rien à envier aux deux tennismen qui ont longtemps dicté leur loi sur le circuit.
Par ailleurs, pour prouver qu’il est sportif d’exception, «Nolé» est devenu le seul parmi ce trio, qui restera certainement dans la légende tennistique, à gagner chacun des Grands Chelems au moins deux fois. Ce qu’on appelle le «double career Grand» dans le milieu. Il a aussi réalisé la même prouesse pour les Masters 1000 en décrochant le titre à deux reprises.
Le «Golden Grand Chelem» en vue
Cette année, il vise le «Golden Grand Slam year» : gagner les 4 compétitions majeures la même année. En 2015, il lui manquait les Internationaux de France, dont il avait perdu la finale, pour signer cette perf’ remarquable et inédite dans l’ère Open. Auparavant, Rod Laver avait cumulé les 4 cuvées en 1969. C’était une autre époque. En tout cas, celui qui a l’ascendant dans les confrontations directes avec Federer et Nadal croit, dur comme fer, qu’il pourrait enchaîner avec une victoire à Wimbledon. «J’ai réussi énormément de choses que beaucoup pensaient impossible, donc pourquoi pas. Je vais viser le titre à Wimbledon, à l’US Open et aux Jeux olympiques. Ce sont les trois plus gros objectifs de la saison pour moi et je suis en très bonne position.» The «Djoker» ne cache pas ses cartes et affiche ouvertement son ambition. Il sait qu’il est plus que jamais redoutable sur le circuit. D’autant plus qu’il n’a pas beaucoup de points faibles. On est face à un tennisman qui peut jouer du grand tennis sur n’importe quelle surface. Un avantage non-négligeable. Un atout pour le voir s’imposer cet été à Londres et égale, dans un premier, le tandem légendaire «Fedal» (appellation qu’on donne au tandem Federer – Nadal). Voir Djokovic faire cavalier seul n’est pas à écarter. Surtout qu’il ne donne pas l’impression d’être sur la courbe descendante. Ce qui est, hélas le cas, pour ses deux ennemis jurés. <