Devant son public, l’équipe nationale de handball n’a même pas pu passer le premier tour du tournoi de handball des Jeux Méditerranéens 2022. Et bien qu’ils aient vécu une passe compliquée avant cet évènement, avec la crise qu’a traversée la Fédération de la discipline (FAHB), les «Verts» auraient certainement pu (ou dû) faire mieux. Mais le diagnostic handballistique s’est avéré plus préoccupant que ça en avait l’air.

Le constat est implacable. Et il est fait par Mohamed-Aziz Derouaz. Le Commissaire des Jeux Méditerranéens d’Oran 2022, en tant qu’ancien sélectionneur et président de la FAHB, s’est montré particulièrement courroucé par ce qu’est devenue la petite balle Dz. Et il n’est pas allé de main morte pour disséquer cette contre-performance.

Gestion criminelle

Pour celui qui avait fait vivre une véritable épopée à ce sport en décrochant 5 CAN consécutives (1981, 1983, 1985, 1987, 1989), «il y a eu une fédération des criminels qui gérait ce sport». La référence est faite à l’équipe fédérale que dirigeait Habib Labane. La crise engendrée par cette gestion chaotique a fait traverser aux camarades de Messaoud Berkous un long chemin de croix. «N’oublions pas que cela fait plus de deux ans que cette sélection ne s’est ni entraînée ni regroupée», a rappelé Derouaz.
Toutefois, l’ancien ministre de la Jeunesse et des Sports n’a pas voulu trop accabler l’EN pour ce semi-échec aux JM-2022. Ainsi, il a trouvé que les résultats «sont positifs, malgré l’absence des deux meilleurs joueurs de l’Equipe nationale, Berkous et Abdi, qui ont manqué la dernière sortie décisive contre l’Espagne».
Il n’a pas omis de recommander «l’intensification, dans de bonnes conditions, des préparatifs au championnat africain dont les résultats qualifient à la Coupe du monde».
En effet, le tournoi africain est imminent puisqu’il se tiendra du 11 au 18 juillet prochain. Huit jours de compétition intensive à laquelle les protégés de Rabah Gherbi seront soumis. Certes, les joutes oranaises constituaient «une étape préparatoire en vue de la CAN-2022 en Egypte qui reste notre principal objectif», comme l’a noté le coach algérien. Le sentiment de frustration de ne pas pouvoir remporter une médaille sur nos terres est légitime.

Toujours de classe «Mondial» ?

Le tournant était certainement le match nul (24-24) face à la Macédoine du Nord en avant dernière journée de la phase de groupe. Un partage de points ayant précédé le lourd revers (31-19) infligé par l’Espagne et qui a précipité la sortie de route de nos handballeurs. Et pour ne rien arranger et montrer une certaine insuffisance, Hadj-Sadok & Cie n’ont pas pu sauver les meubles lors du match de classement pour la 5e place en s’inclinant 39-35 (après prolongations) face à une Tunisie remaniée. Malgré l’amertume de ne pas avoir pu montrer des signes de convalescence durant cette étape oranaise, il y a bon espoir pour que la troupe à Gherbi puisse redresser la barre lors des prochains rendez-vous. Et ils auront l’opportunité de le faire durant la CAN qui débute dans 4 jours. Il y aura l’une des 5 places qualificatives au Championnat du monde de handball. Une épreuve qu’organiseront la Pologne et la Suède (11-29 janvier 2023). La mission qui paraît dans les cordes des nôtres, qui sont, il faut le rappeler, médaillés de bronze de la dernière CAN jouée en Tunisie en 2020. En tout cas, Derouaz l’a bien dit «s’il y a une discipline en sports collectifs capable de se distinguer sur le plan international, c’est bien le handball». Tout est à rebâtir.