Après avoir eu l’Afrique à ses pieds, Djamel Bemadi, driver de l’EN, veut conquérir le monde. Pour certains, cela est invraisemblable tant aucune sélection africaine n’a jamais réalisé l’exploit de remporter un Mondial. Forts d’une couronne continentale, lui et ses poulains envisagent de marquer la prochaine messe planétaire, qu’abritera le Qatar, de leur empreinte.

L’impossible n’est pas Belmadi. Une phrase crédible puisque le concerné a emmené l’Algérie vers un triomphe en CAN l’été écoulé. Chose qui était inconcevable et inespérée. Et avant de réaliser ce gigantesque exploit, il avait fait part de ses intentions que beaucoup avaient jugées démesurées. En recevant un «Club Algérie» complètement aux abois, il a réussi à le ressusciter sur une brève durée. Dix mois lui ont suffi pour aller en Egypte et y trôner. Un aboutissement idyllique.
Dans tout cela, c’était l’ambition et l’esprit de conquérant qui ont fait la différence. Et le successeur de Rabah Madjer ne va pas changer une mentalité qui gagne sachant que, dans un laps de temps de 3 ans, l’équipe peut être retouchée. Lors de la prochaine CAN, que devrait accueillir le Cameroun (si tout se passe bien), les «Fennecs» essayeront de préserver leur titre. Ce qui ne sera déjà pas chose facile. Une performance que deux sélections seulement ont pu réaliser en 32 éditions. Il s’agit de l’Egypte (1957 et 1959), le Cameroun (2000 et 2002) ainsi que le retentissant triplé des Egyptiens (2006, 2008 et 2010).
L’étape de
la CAN-2021
Après le rendez-vous camerounais, il y aura le tournoi mondial qu’organiseront les Qataris en hiver 2022. Il faut savoir qu’ «El-Khadra» n’a pas encore entamé les éliminatoires pour cette date prestigieuse. Néanmoins, le coach algérien a annoncé la couleur et fait part de son objectif : «Quand on aura fait le travail, qu’on se sera qualifié, l’objectif sera de la gagner» a-t-il lâché sur le plateau de Canal + Sport. Et c’était sur le même ton et la même expression faciale que lorsqu’il avait annoncé vouloir décrocher la CAN. Cependant, sachant que le chemin ne sera pas aussi court (8 matchs au programme) que lors de la CAN et que la qualité de l’adversité sera plus significative, il a fait une précision : «On va maintenant parler sérieusement, l’objectif ne sera pas de participer, pas de faire juste ce que l’on peut, ça sera de tout donner et de croire en l’impossible (…), les joueurs ne se fixent aucune limite». Faire de la figuration n’est pas dans les gênes de celui qui a été élu meilleur entraîneur africain en 2019 par la CAF. Pour ce dernier, la devise de Pierre de Coubertin : «L’important, c’est de participer» est irrecevable. Dans l’esprit de l’ancien meneur de jeu de l’Olympique de Marseille, commencer une compétition dans la peau d’une victime expiatoire est inconcevable.
Ambition légitime
En tout cas, à la lecture de ces déclarations, on comprend que celui qui a porté le maillot Dz à 20 reprises au début du nouveau millénaire a foi en le potentiel de son équipe. Il sait qu’il peut compter sur les individualités comme les Mahrez, Belaïli, Bennacer, Atal Bensebaïni, Ounas et les autres. Mais, plus que tout, c’est le collectif et cette cohésion instaurée pour construire un team qui n’a perdu qu’une seule fois sous sa Coupe en 21 rencontres (15 victoire et 5 nuls) qui reste le point fort.
En plus d’avoir un statut de roi dans le «Continent noir», Raïs MBolhi & cie ont montré que leur football peut aussi s’adapter à l’international avec cette démonstration en octobre dernier à Lille (France) face à la Colombie. Un large succès 3 buts à 0 venu confirmer que les «Guerriers du Sahara» ont un jeu atypique. Même s’il est un peu européen, plus technique que physique, il ne les a pas empêchés de dominer l’Afrique en sortant vainqueurs des 7 oppositions de la CAN. Pour toutes ses raisons, les propos de Belmadi ne sont pas une démesurée prétention. Le rêve reste permis.n