Il savait que la lutte pour le trône de la Fédération algérienne de football (FAF) allait faire rage. C’est pourquoi il a insisté, à l’approche des élections, à ce que son nom ne soit pas instrumentalisé. Dans le money time qui précède le scrutin, Djamel Belmadi, sélectionneur national, a remis une couche via un communiqué posté par l’instance. En filigrane, il ne veut clairement pas que la sélection subisse les dommages collatéraux de l’opération intronisation du nouveau boss. A défaut, il pourrait quitter le navire.

Par Mohamed Touileb
En février dernier, Belmadi a lâché, en marge de l’inauguration du centre de formation de Sidi Bel-Abbès, que « les candidats pour les élections de la FAF doivent montrer leurs projets et convaincre tout le monde pour être élus » en insistant sur le fait qu’il « refuse que mon (son) nom soit aligné avec l’un des candidats. Je suis sélectionneur de l’EN et je ne peux pas me permettre d’exprimer un avis sur le prochain président. »
Depuis, les choses ont bien changé. Le premier responsable de la barre technique des « Fennecs » a même été sollicité et consulté pour dresser le profil du patron de la FAF avec lequel il travaillera dans un avenir très proche. Dans un premier temps, il a eu une entrevue avec le ministre de la Jeunesse et des Sports (MJS), Sid-Ali Khaldi. Par la suite, c’est le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, qui l’a reçu.

Inquiétude manifestée
Des réunions en haut lieu qui ont coïncidé avec le stage de mars. Si Belmadi a répondu aux sollicitations de la tutelle et de la présidence, il a laissé transparaître, dans un communiqué balancé par la FAF vendredi soir, un ras-le-bol d’un processus électoral inquiétant pour l’avenir de l’EN. Dans le texte, il a été mentionné que Belmadi a trouvé que « le stage s’est déroulé dans des conditions chaotiques ne lui permettant pas d’être dans des positions et dans des dispositions à même de mener à bien ses missions d’entraîneur. Cela a même perturbé sérieusement les joueurs, ce qui est inadmissible à l’échelle d’une sélection.» Pour déchiffrer le message, Belmadi n’a pas senti de la sérénité durant ce regroupement. Il a même été indiqué que « tout ce marasme vécu et cette ambiance pesante, en rapport avec les prochaines élections de la Fédération algérienne de football l’inquiètent fortement », et le sélectionneur national « ne veut pas être mêlé à d’autres considérations en dehors de ses prérogatives, de son cadre professionnel et de ses engagements avec l’équipe nationale.»

Déjà populaire, il dénoncer les «desseins populistes»
Sur la scène footballistique algérienne, Belmadi reste un personnage très influent. Surtout après avoir emmené l’EN au sacre continental lors de la CAN-2019 en Egypte. De surcroît, il est dans une constance de performances qui maintient sa cote à un niveau assez élevé aux yeux des amoureux des « Verts » donc du peuple algérien en général. L’avoir dans la poche ou en donner l’impression confère une certaine bénédiction pour toute personne qui veut gagner la sympathie et la crédibilité dans cette quête du fauteuil de président. Se sachant une carte importante, l’ancien driver d’Al-Duhai (Qatar), « ne veut en aucun cas être le soutien de qui que ce soit, ni voir son nom lié ou utilisé dans le cadre d’un quelconque programme, voire pour des desseins populistes.» Le tout, en rappelant qu’il s’était engagé avec la première sélection du pays uniquement pour des « objectifs sportifs bien précis». S’il ne veut pas de dépassement de fonction, Belmadi marque son territoire dans cette désignation du nouveau mâle Alpha de la balle ronde Dz. n