L’entraîneur de l’équipe nationale Djamel Belmadi a essuyé de vives critiques après des propos jugés déplacés par les médias étrangers, notamment ceux du Cameroun et de la France, à l’égard de Bakary Gassama. Et c’est dans un média français que le sélectionneur national a voulu tirer les choses au clair et remettre les déclarations dans leur contexte.

Par Mohamed Touileb
Certains esprits malintentionnés et hostiles avaient parlé d’un appel au meurtre et une incitation à la violence. Et c’est sur ce point notamment que le coach des « Verts » a voulu tirer les choses au clair. « Quand tu t’exprimes avec le cœur, directement, on va se fonder sur la forme, prendre des petits mots et laisser le fond, sortir les mots de leur contexte… tout ça me conforte dans l’idée de ne pas m’exprimer. (…) Les propos qui ont fait polémique, c’est 3 minutes sur 50. Des fois, il faut faire preuve d’un peu plus de déontologie journalistique et éviter de sortir les mots de leur contexte parce que ça peut créer de l’ambiguïté ou du mal-entendu. À ce niveau-là, qui concerne des nations, on ne doit pas être trop léger ou inattentif dans l’analyse des propos », a estimé Belmadi.

« Aucun souci » à reconnaître les erreurs
Ce dernier précise que « le fait d’avoir dit ‘’Je ne dis pas qu’il faut le tuer, mais il ne faut pas le laisser tranquille, c’est pire qu’un hagar‘’ a, évidemment, retenu l’attention des journalistes français. Ce n’est qu’une expression ! C’est comme si l’on disait ‘’c’est bon, je n’ai tué personne‘’. C’est exactement dans cette lignée. Bien sûr que nous sommes contre la violence ».
Dans la foulée, le driver d’« El-Khadra » assure qu’il n’a « au souci à reconnaître des erreurs si c’est ce que l’on veut me faire dire. Moi, c’est le fond qui m’intéresse, comment faire progresser notre arbitrage. Vous vous rappelez quand Thierry Roland avait dit ‘’vous êtes un salaud‘’ ? Il a parlé avec son cœur, c’est le football. Moi, je lui ai dit ce que je pensais à cet arbitre-là, parce que je pensais qu’il nous avait lésés. Gassama était affalé dans un salon à l’aéroport, il n’a pas dit un mot quand je lui ai expliqué ce que je pensais. Le problème est profond en Afrique, le concernant et concernant l’arbitrage ».

Froideur de Gassama et colère de Belmadi
Toujours concernant le directeur du jeu gambien, le chef de la barre technique de l’EN estime que « son arbitrage n’était ni moyen, ni mauvais, c’était encore d’un autre niveau ! (…) Il était d’une froideur totale, il n’a pas dit un mot ».
Tout cela, Belmadi l’a dit au concerné lors de l’épisode de l’aéroport au lendemain de la désillusion contre le Cameroun. Mais il semblerait que Gassama n’avait complètement pas bronché. « J’aurais aimé que Gassama me réponde et me dise ce qu’il en pense. Mais il ne m’a même pas regardé ! Il faut connaître la donne du football africain pour savoir qui est Gassama et comment il est perçu. Le plus important, et je pensais que c’était clair vu que j’ai 46 ans et que je ne suis pas né hier, c’est que je ne prône absolument pas la violence ».
Celui qui a annoncé vouloir poursuivre sa mission sur le banc algérien se devait de faire plus de modération. C’est ce qu’il a fait après son quasi-dérapage. On ose croire que le successeur de Rabah Madjer a retenu la leçon et sait désormais qu’il faudra montrer plus de tact et de lucidité lors des sorties médiatiques. Notamment celles qui touchent aux sujets sensibles et dépassent les frontières algériennes dans leur portée.