Qualifier l’équipe nationale en Coupe du Monde 2022 lui tenait particulièrement à cœur. C’était un objectif majeur qu’il s’était fixé juste après le triomphe lors de la CAN-2019. Hélas, Djamel Belmadi n’a pas pu réaliser cela en ratant la dernière marche dans les qualifications face au Cameroun mardi soir. Et il semble proche de céder son poste si l’on se réfère à ses propos tenus en conférence d’après-match.

Par Mohamed Touileb
Il était groggy par la réalisation de Toko-Ekambi qui a ruiné son rêve et celui de tous les Algériens qui voulaient du bien pour la sélection. Djamel Belmadi n’a pas voulu prendre une décision à chaud pour ce qui est de la fin de sa mission ou son prolongement. Il préfère laisser retomber l’émotion pour prendre sa décision.

Démissionner pour « faire plaisir » à ses détracteurs
Toutefois, des indications font converger le dénouement vers un départ. Hier matin, le driver de l’EN a quitté l’Algérie vers Paris avec ses joueurs évoluant en Europe. Lors de la traditionnelle conférence d’après-match, il avait répondu à l’inévitable question sur son avenir. « Je sais que la question de mon avenir intéresse du monde. Ces quatre ans à la tête de cette sélection ont été quatre années de bonheur au vu du travail effectué. Il n’empêche qu’on avait un objectif, et on ne peut pas passer à côté de ça. Donc, il est difficile de parler d’avenir. Tout le monde est abattu. On ne se voyait pas rater cette Coupe du monde. À dix secondes… Un bilan sera fait mais pour l’instant, la déception domine », a-t-il lâché.
En outre, il était au courant que « certains, présents ici (à la salle de conférence) ou sur les plateaux télé aussi se réjouissent de ce qui s’est passé. Il y a des chances que je fasse plaisir à certains journalistes, à certains ici et sur les plateaux TV qui travaillent pour des lobbys… Les jours à venir et les temps qui suivent vont être difficiles.»

Le match le « plus important de sa carrière »
Avant, il y avait cette image terrible. Comme ses joueurs, Djamel Belmadi s’était écroulé sur la pelouse de Mustapha Tchaker en détresse. Le sélectionneur national a «échoué» dans sa seconde mission qui consistait à qualifier « El-Khadra » en Coupe du Monde. D’ailleurs, il n’a pas manqué d’indiquer que ce duel face au Cameroun était « le match le plus important » de sa carrière. Et il n’a pas pu l’emporter. En cumulé, l’EN a fait un nul (2-2) mais les deux buts à l’extérieur du Cameroun valent double. Cela fait 4 buts à 3 en faveur des « Lions Indomptables ». Assez pour tout remettre en question. On pourrait discuter certains choix. Notamment dans l’approche de la rencontre ou les changements dans le temps additionnel. Mais Belmadi a tout essayé pour amener ses troupes au Qatar. On ne peut pas nier son coup tactique remarquable qui a permis le succès 1 but à 0 à l’aller. Pour le «retour», l’enjeu a pris le dessus sur le jeu. C’est plus l’aspect mental et la concentration qui ont fait défaut aux Fennecs. Des paramètres sur lesquels il n’a pas vraiment d’emprise.

La CAN-2019 et la série d’invincibilité, périodes fastes
L’euphorie du but d’Ahmed Touba était telle que le staff technique a «oublié» de donner des directives à ses protégés pour empêcher l’adversaire de jouer la touche tranquillement et faire ce centre fatal. Tout semblait aligné pour aller disputer la 5e Coupe du Monde de l’histoire et offrir à Belmadi ce sésame qu’il désirait tant pour boucler la boucle avec l’Algérie. Depuis sa désignation sur le banc le 02 août 2018, le successeur de Rabah Madjer a dirigé 42 matchs pour un bilan de 28 victoires, 10 nuls et 4 défaites dont celle de ce mardi soir qui fait mal. Les points culminants de son passage sont certainement le triomphe à la CAN-2019 et la série d’invincibilité de 35 rencontres. L’épopée Belmadi est malgré tout à classer dans la rangée de l’inoubliable avec les points culminants et les chutes qu’elle comporte.