Il sait qu’il a réalisé quelque chose d’inattendu et de grandiose car le sacre de l’Algérien lors de la Coupe d’Afrique des nations 2019 était le climax footballistique et son apothéose. Djamel Belmadi, sélectionneur de l’Algérie, était le grand artisan d’un exploit inédit. Une consécration signée dans une CAN élargie en termes de prétendants (24 équipes) et loin des bases. Un niveau de difficulté on ne peut plus extrême pour décrocher le titre suprême. Fort logiquement, cela marquera les esprits pour longtemps. Dans un entretien accordé à la télévision de la Fédération algérienne de football (FAF), le driver des «Fennecs» a retracé la conquête.

Quand il avait annoncé la couleur et l’intention de remporter la CAN-2019, nombreux sont ceux qui pensaient que cela n’était que prétention démesurée. Mais Belmadi le pensait vraiment. Il y croyait fermement. Même si ce songe paraissait sans accessibilité en l’état dans lequel il a retrouvé la sélection à son arrivée. Ce que le technicien retient le plus «c’est d’avoir pu réaliser l’objectif qu’on s’était fixés avant cette compétition, à savoir la gagner. C’était loin d’être acquis quand on sait que nous n’avons jamais gagné une CAN en dehors du pays.» Pour lui, c’était une manière de responsabiliser les joueurs. Le successeur de Madjer savait que sans ambition et exigences, il n’y aura jamais d’excellence. «On s’était mis beaucoup de pression avant cette compétition et j’estimais cela utile. C’est pourquoi que nous avons avancé directement notre objectif pour pouvoir être ultra concernés et surtout ambitieux, avec l’idée que rien ne pouvait nous arrêter si ce n’est nous-mêmes», a expliqué le premier responsable de la barre technique d’ «El-Khadra» en étant persuadé que «cette CAN 2019 restera gravée à jamais dans la mémoire de tous les Algériens.» Il ne pensait pas si bien dire. .

Commandos conscient et de talent
Pour mener à bien la mission conquête du trône, Belmadi a pu compter sur un effectif qu’il a façonné en l’espace de 10 mois. Pas beaucoup de temps mais la dose de la détermination injectée était suffisante pour responsabiliser Riyad Mahrez & cie et leur faire comprendre qu’ils ont les moyens de régner sur l’Afrique. «On a eu la chance de compter sur un groupe de joueurs qui a pris conscience qu’il était temps de gagner quelques chose. Nos joueurs étaient attentifs et complètement mobilisés pour cette CAN. Cet esprit de famille a été la clé du succès. Ces joueurs là, je les aime. Ce sont eux les vrais héros qui sont allés chercher ce trophée», loue-t-il. La préparation ne concernait pas seulement l’effectif. Le travail psychologique a primé. C’était le mur porteur pour construire le nouveau statut. Dans cette optique, l’ex-driver d’Al-Duhail a changé l’approche du tournoi. «Nous avons eu une autre vision par rapport à ce qui se faisait lors des précédentes CAN où on allait faire de la figuration. On avait tout de suite affranchi les joueurs, et créer en eux l’idée qu’on allait là-bas pour chercher ce trophée, même si cela n’a jamais été fait avant. On est parti en Egypte pas en tant que petit poucet. Cette équipe n’avait rien à voir avec celle qui a été éliminée au premier tour de la CAN 2017», reconnaît l’ancien numéro 10 des Verts.

Le chemin vers le sommet
Avec un écueil de plus à passer, l’itinéraire pour devenir champion était plus long. «Tous les matchs étaient difficiles où chacun nous a permis de se rapprocher un peu plus vers le titres. Il y avait au départ 24 équipes, et c’est nous à la fin qui soulevons ce trophée. On est revenus au pays pour célébrer tout ça avec notre peuple. C’est un souvenir inoubliable. Dés ce moment là, j’ai eu le sentiment du devoir accompli», décrit Belmadi qui rappelle que «l’Egypte qui jusque-là, n’organisait pas ce genre de tournoi pour laisser filer le trophée sur ses terres.»
Tant de difficultés et une attente de 29 ans qui ont rendu cet accomplissement spécial. Une année après ce mémorable 19 juillet 2019, l’émotion est toujours là. Elle était décelable dans les propos de Belmadi qui sait, intimement et à juste-titre, qu’il a remarquablement réussi là où beaucoup ont échoué avant lui. Désormais, il faudra rester sur cette lancée et se maintenir au «top niveau». Pour l’instant, les voyants sont au vert puisque Youcef Belaïli et ses compères n’ont plus goûté à la défaite depuis le 16 octobre 2018 face au Bénin sous Belmadi. Ils restent, d’ailleurs, sur une série de 18 rencontres sans défaite. Remarquable.<