Les prochaines échéances, l’absence de Mahrez, les nouveaux «Fennecs», la situation à la FAF et d’autres aspects ont été évoqués lors de la conférence de presse animée hier par Djamel Belmadi. Le sélectionneur national se projette sur l’avenir. Même s’il ne semble toujours pas avoir digéré la non-qualification en Coupe du Monde 2022. Compréhensible… dans une certaine mesure.

Par Mohamed Touileb
L’envie de repartir de l’avant est palpable. Même si l’amertume de l’absence du Mondial est ressentie. Pour la date FIFA de juin, Belmadi a sélectionné de nouvelles têtes. Sept au total. «Les nouveaux, on les suivait et on a estimé que c’était le moment idéal pour qu’ils viennent en sélection et montrer leur qualité. La situation est plus propice aujourd’hui», a-t-il indiqué en précisant que «pour venir en sélection, c’est tout un processus de scounting. C’est la première étape pour eux. Mais le plus important, c’est que tout n’est pas encore arrivé pour. S’ils sont là c’est qu’ils ont évidemment des qualités».

«Il faudra prouver et s’adapter»
Néanmoins, le coach des «Verts» prévient qu’«on a vu des joueurs qui ont une sélection, d’autres qui ont très peu. Arriver en EN n’est pas une fin en soi. C’est quelque chose de méritant. Mais le plus dur reste à faire pour la suite parce qu’on va être au milieu de la concurrence et des joueurs de haut niveau. Il faudra prouver et s’adapter le plus possible pour qu’ils puissent s’exprimer de manière optimale».
Par ailleurs, l’arrivée de nouvelles têtes implique forcément la non-convocation d’anciennes. A ce sujet, Belmadi note que «rien n’est définitif. Tant qu’on est compétitif et que j’estime qu’un joueur peut aider l’EN, il reste sélectionnable. A moins qu’un déclare lui-même qu’il fait un trait sur sa carrière internationale. On a des joueurs qui ont un certain âge et on fera en sorte qu’ils aient une sortie honorable».

L’Ouganda, «une équipe difficile à manœuvrer»
Pour connaître les capacités des joueurs, il faudra les tester. Pour cela, il y aura deux matchs face à l’Ouganda et la Tanzanie alors qu’un match amical est à prévoir. L’«Ouganda est une équipe accrocheuse. Sur leur campagne de qualif’ en CDM, ils perdent contre le Mali et les accrochent par la suite. Ils battent le Kenya. C’est une équipe qui encaisse très peu de buts. Ils vont être difficiles à manœuvrer. Il n’y a plus de petites équipes. Nous-mêmes, on en a fait les frais contre la Sierra Leone et la Guinée équatoriale», estime l’ancien entraîneur d’Al-Duhail SC.
Ce dernier espère aussi qu’«on aura un 3e match. C’est presque inquiétant de se mettre d’accord avec les équipes. Depuis plus d’un mois, on reçoit des demandes presque indécentes pour jouer en amical. C’est un match qui me tient à cœur parce qu’on a deux matchs de qualification à gagner et se qualifier le plus tôt possible. C’est difficile de lancer des joueurs dans ce genre de matchs. On veut mettre les nouveaux dans les meilleures conditions pour les laisser s’exprimer de manière optimale. Le troisième match me permettrait de les voir tous dans des conditions moins difficiles».

Absence de Mahrez, une «non-affaire»
Parmi les joueurs qui ne seront pas opérationnels pour les deux ou trois sorties à venir, il y a Riyad Mahrez. Le sociétaire de Manchester City n’a pas été retenu pour des raisons médicales. Un argument qui n’a pas convaincu grand monde. «Pour moi c’est une non-affaire. Mais on a malheureusement besoin de répondre au mauvais buzz. On peut se demander pourquoi le capitaine n’est pas là mais quand on a déjà des réponses au préalable, ça n’élève pas le niveau du journalisme sportif. On a reçu un rapport médical de Manchester City. Lors des deux dernières rencontres, il n’a pas terminé le match avec la sélection. Même avec City, il n’a pas joué les deux matchs qui ont suivi après le Real Madrid.

Mais il a dû serrer les dents», précise Belmadi.
L’ancien numéro 10 d’ «El-Khadra» insiste sur le fait qu’«avant tout, on doit protéger la santé des joueurs. Je n’ai jamais fait jouer un joueur avec risque. Parfois je cache les choses et on voit que le rendement du joueur n’est pas bon. Il y a des choses qu’on ne peut pas dire. On aurait pu le faire venir pour constater la blessure. Riyad, c’est le joueur avec lequel je suis le plus demandeur. Il a été excellent en équipe nationale. Il a été même capital pour certains matchs. On attendait peut-être plus de lui lors de certains matchs. Il y a un rapport de confiance à avoir avec les clubs et les joueurs. Et ce n’est pas aujourd’hui qu’on commence à gâcher ça». Affaire close.

À l’abri de la crise de la FAF
Sur un autre aspect, cette date FIFA de juin coïncide avec la crise à la Fédération algérienne de football (FAF) où la situation n’est pas très claire. Charaf-Eddine Amara est toujours président de l’instance malgré une démission annoncée 48 heures après la non-qualification de l’EN pour le Mondial face au Cameroun. A vrai dire, tout cela aurait peut-être été évité si Kheireddine Zetchi était resté pour un second mandat. Cela, Belmadi ne s’en cache pas. «Quand tout va mal, évidement qu’il faut du changement. Mais dans une fédération où tout roule et que tout est bien huilé, il ne faut rien changer», souligne-t-il. Plus loin, il reconnaît qu’«on a une fédération instable, incohérente où on ne sait pas qui fait quoi. Heureusement, j’ai des hommes autour de moi qui me permettent de ne pas ressentir cela».

La fin du cycle
Pour lui, «il y a toujours eu Sidi Moussa et Dely Brahim». Une séparation qui confirme qu’entre lui et Amara, il y a toujours eu une certaine distance. Malgré cela, il rassure que «ce stage devrait se passer dans les meilleures conditions. Il faut que des décisions soient prises une bonne fois pour toute et qu’on mette les bonnes personnes aux bons postes». Message envoyé aux décideurs pour qu’ils «intronisent» une personne consensuelle aux commandes de la structure lors des prochaines «élections».
Parmi toutes ces déclarations, il y a une qui est à mettre en avant. Celle où Belmadi déclare qu’«il y a un cycle et génération de joueurs qui ne seront pas concernés par la CDM 2026. Ce qui m’intéresse c’est de reconstituer un groupe fort, compétitif avec des joueurs qui arrivent et prennent leurs responsabilités. En 2018, certains l’ont fait au milieu du chaos.
Il a fallu reformater l’esprit, recréer un groupe sain et compétitif par une ligne directrice que tout le monde devait suivre». Telle sera sa vraie mission désormais. n