L’usine de l’Entreprise nationale des industries de l’électroménager (Eniem) de Tizi-Ouzou est de nouveau à l’arrêt technique, à compter d’aujourd’hui, qui durera tout le mois de décembre. La décision a été prise hier par le Conseil d’administration de l’entreprise. Elle est justifiée par la situation de blocage que traverse l’Eniem, entre impossibilité de s’approvisionner à cause de non-octroi de crédit bancaire, rupture des stocks en matière première et fin du montage à partir des kits CKD, explique le CA dans une note d’information adressée aux travailleurs après une réunion consacrée à l’évaluation de cette même situation et aux mesures à prendre.

Il a été, en effet, constaté « la persistance du blocage de la banque pour l’octroi des crédits nécessaires pour le financement des approvisionnements, la rupture des stocks des matières premières entraînant de fait l’arrêt de la production et l’abrogation de la production de l’électroménager à partir de collections CKD », cite le conseil dans sa note. Il se voit ainsi « dans l’obligation d’opter pour un arrêt technique d’activité d’une durée d’un mois allant du 01/12/2020 au 31/12/2020 et ce conformément à la convention collective de l’entreprise ».
A cet effet, l’ensemble des directeurs de l’entreprise ont été instruits d’organiser des départs de leur personnel, par épuisement des reliquats des congés annuels en premier lieu et par voie d’un congé technique en deuxième lieu, et ce, pour le personnel qui a déjà consommé son droit au congé annuel.
Pour cette seconde catégorie de congé, la note du CA de l’Eniem informe que les travailleurs concernés seront rémunérés suivant le salaire de base augmenté de l’indemnité d’expérience professionnelle, avec maintien des primes et indemnités à caractère familial.
Ainsi donc, le sort a voulu que les travailleurs de l’Eniem terminent l’année comme ils l’avaient amorcée, c’est-à-dire par un chômage technique. L’on se rappelle, à ce propos, que l’usine de Tizi-Ouzou avait cessé ses activités en février dernier, pour des raisons de contraintes financières et de manque d’approvisionnement en matières premières. La reprise des activités a été effectuée après le crédit de 1,1 milliard de dinars accordé par la BEA à l’entreprise publique de l’électroménager, sur instruction du gouvernement. Un second crédit de 1,5 à 2 MDA devait être débloqué plus tard. Ce qui ne semble pas avoir été le cas, puisque le Conseil d’administration a noté, hier, « la persistance du blocage de la banque pour l’octroi des crédits nécessaires pour le financement des approvisionnements ».
L’arrêt du début de l’année 2020 intervenait quelques mois après la mesure du même genre, décidée en juillet 2019, faute de délivrance d’une licence d’importation de matières premières (collections CKD-SKD) nécessaires au maintien des activités de production de l’usine de Tizi-Ouzou, dont la Direction générale avait alors été dans l’obligation de mettre en congé pour également un mois, avant l’intervention du ministère de l’Industrie et des Mines, lequel a accordé le 23 juillet la licence d’importation et d’exploitation de ces matières.
Ce nouvel arrêt technique de l’usine de l’Eniem va sans doute faire réagir le ministre de l’Industrie qui y avait effectué une visite il y a deux mois. Ferhat Aït Ali s’était alors engagé à étudier les plans de relance qui lui ont été présentés par les responsables de cette entreprise, tout en les incitants à œuvrer à s’inscrire davantage dans la logique d’intégration pour promouvoir le produit national. n