Le secteur privé du segment des assurances dénoncent le « favoritisme » et la « concurrence déloyale » des opérateurs publics. Des pratiques qui excluent les assureurs privés de la course.

La régularisation du marché des assurances s’impose plus que jamais, dans la mesure où les compagnies publiques d’assurances pèsent plus de trois quarts du secteur, condamnant le reste des opérateurs à « une précarité systémique ». D’ailleurs, les assureurs privés ont dénoncé « une certaine concurrence déloyale », en adressant une lettre de réclamation au Premier ministre Ahmed Ouyahia, où ils se disent discriminés au profit des assureurs publics.
Pour exemple, ils citent une correspondance datée du 14 décembre 2016, qui a été adressée par le directeur de la Formation professionnelle de Sétif aux directeurs des centres de formation professionnelle de la wilaya, dans laquelle il leur enjoint de « privilégier la souscription des polices d’assurance, au titre de l’exercice 2017, auprès des compagnies d’assurances du secteur public ». Ces derniers dénoncent également l’absence de règles écrites qui soumettraient les opérateurs, privés notamment, à l’arbitraire des gestionnaires des entreprises publiques qui refusent, pour des raisons non avouée, de s’assurer chez les privés.
Décrivant un environnement hostile, ils citent un autre exemple de ce qui semble être le résultat de l’application d’une règle non écrite, qui encourage les donneurs d’ordres publics à privilégier les compagnies étatiques. Il s’agit de « l’annulation pure et simple d’un avis d’attribution d’un marché établi en faveur d’Alliances Assurances (paru le 23 septembre 2017 sur un quotidien national) relatif à l’assurance de la responsabilité civile et du patrimoine mobilier et immobilier de la commune d’Oran pour l’exercice 2018 », écrivent-ils. L’appel d’offres a été ensuite relancé, mais avec des critères éliminatoires pour les assureurs privés.
Enfin, ils affirment qu’ils ne peuvent pas « rester immobiles » face à cette « discrimination » et appellent Ouyahia à « garantir l’égalité des conditions de concurrence entre les sociétés publiques et privées et nous aider à lutter ainsi contre toutes formes de monopoles ». Il y a lieu de rappeler que cette problématique est posée depuis quelques années.
D’ailleurs, le PDG d’Alliance Assurances, Hassen Khelifati, avait, déjà, dénoncé « cette pratique », qui, selon lui, va à l’encontre du discours officiel du gouvernement, selon lequel il n’y a pas de différence entre les entreprises algériennes, qu’elles soient privées ou publiques ». Pour lui, cet appel d’offres rappelle que « certains acteurs publics font de la concurrence déloyale en enfreignant la loi ».