L’activité du secteur pétrolier et gazier a fortement rebondi au deuxième trimestre de l’année en cours, faisant ainsi passer la croissance globale dans le vert. Le taux de croissance du secteur affiche ainsi son taux le plus élevé depuis plusieurs années, même si l’amont pétrolier et gazier continue de faire face à un déficit chronique en investissements.

Hakim Ould Mohamed
En tout cas, le taux de croissance affiché au deuxième trimestre de l’année en cours, 11% au tableau de l’Office national des statistiques (ONS), est la meilleure performance depuis plusieurs années. Le secteur est passé d’une contreperformance de -13,4% au premier trimestre 2020 à une performance de +11% au second trimestre de l’année en cours. Même si l’ONS n’a pas publié les détails de l’indice de performance du secteur des hydrocarbures, la croissance enregistrée au deuxième trimestre a contribué à tirer à la hausse la croissance économique globale qui semble se remettre des conséquences de la crise pandémique qui a fragilisé de nombreux pans de l’économie réelle en 2020. C’est un retour à la croissance plus rapide que prévu du secteur pétrolier et gazier, alors que l’Exécutif dit espérer un effet plutôt positif de la mise en œuvre de la nouvelle loi sur les hydrocarbures, dont les décrets exécutifs ont été examinés et approuvés au début de l’année en cours. On peut deviner d’ores et déjà que la production de pétrole et de gaz ainsi que l’activité raffinage qui ont fortement rebondi durant les premiers mois de 2021 ont contribué à ce retour de la croissance. Les données communiquées par le groupe Sonatrach lèvent le voile sur une hausse de la production primaire d’hydrocarbures durant les cinq premiers mois de l’année, à 78 millions de TEP (tonne équivalent pétrole), contre 75 millions de TEP durant la même période en 2020 (+4%), à raison de 22% de pétrole brut, 68% de gaz naturel, 5% de GPL et 5% de condensat. Pour ce qui est de l’activité de raffinage, elle a été portée à 12,2 millions de TEP durant la même période contre 11,8 millions de TEP en 2020. Pour pouvoir renforcer davantage la production primaire d’hydrocarbures, le ministre de l’Energie et des Mines, Mohamed Arkab, a déclaré, il y a quelques jours, que l’Algérie misait sur le forage de 860 puits d’exploration et de développement des hydrocarbures entre 2021 et 2025, avec une moyenne de 172 puits/an, dans le cadre de la nouvelle dynamique du secteur faisant suite à l’application de la nouvelle loi sur les hydrocarbures. Grâce à cet effort de forage, le ministre de l’Energie et des Mines, auditionné par la Commission des finances et du budget de l’Assemblée populaire nationale (APN), dans le cadre du débat du Projet de loi de finances (PLF 2022), dit s’attendre à ce que la production atteigne 196 millions de tonnes équivalent pétrole (TEP) en 2025. La surface couverte par les travaux de prospection, de recherche et d’exploitation représente moins de 40% de la surface globale, ce qui laisse au domaine libre une superficie dépassant les 60% de la superficie du domaine minier national. C’est sur les 60% restants que Sonatrach entend intensifier l’effort de recherche et d’exploration, en misant sur l’apport de la nouvelle loi sur les hydrocarbures, destinée essentiellement à relancer l’investissement dans l’amont pétrolier et gazier algérien. Malgré ce retour de la croissance et les efforts consentis par Sonatrach et ses partenaires avec, au tableau, près de 1 040 puits forés ces quatre dernières années, dont plus de 300 puits d’exploration, la compagnie publique des hydrocarbures demeure confrontée à plus d’un défi, notamment celui de produire davantage, à la fois, pour couvrir les besoins nationaux en perpétuelle hausse et défendre ses parts de marché sur l’échiquier pétrolier et gazier mondial. La concurrence ne fait que s’accroître et le groupe Sonatrach est sérieusement mis en demeure quant à la nécessité d’élever ses scores en matière de production. n