Le parti du Front de libération nationale (FLN) a, depuis hier, un nouveau Bureau politique. Djamel Ould Abbès, secrétaire général, a procédé à la nomination de 15 nouveaux membres sur les 19 que compte cette instance du parti.

Lors d’une rencontre, hier, au siège du parti à Alger, Djamel Ould Abbès a souligné que les changements opérés dans le Bureau politique ont eu l’aval des hautes autorités du pays. «Ce sont les hautes autorités du pays qui ont décidé et dicté ce changement», a-t-il justifié pour ne pas s’exposer à des attaques, puisque sur les 19 membres, seulement 4 anciens ont été maintenus. Ces « survivants » ont été désignés, pour rappel, par Amar Saâdani, ce qui confirme que l’actuel secrétaire général continue « d’effacer » les traces de son prédécesseur. Cette opération qui touche le BP vient après le renvoi de la quasi-majorité des mouhafadhs et chefs de kasma hérités de l’ère Saïdani. Parmi les membres retenus, on note Leïla Tayeb, Mahmoud Guemmam, Ahmed Boumehdi et Saïd Bendaïda. Pour les nouveaux membres, Ould Abbès a jeté son dévolu sur Ghania Eddalia, actuelle ministre de la Solidarité nationale, Mustapha Rahiel, ancien chef de cabinet de Abdelmalek Sellal, Abdelmalek Boudiaf, ancien ministre de la Santé, Saïd Lakhdari, député de Tizi Ouzou et chef du groupe parlementaire du parti, Saïda Bounab, Mohamed Bouabdallah, Nacer Latrèche, Boualam Bousmaha, Ahmed Boudalia, Fouad Sebouta, Ahmed Kherchi, Mohamed Nadjem, Mohamed Boudaoud, Goubi Adem et Mohamed Meliani.
Dans son discours, Djamel Ould Abbès a souligné que cette procédure répond à l’impérative application des orientations du 10e et dernier congrès du FLN. « Le slogan de notre dernier congrès était : rajeunissement et rénovation, d’où notre décision de revoir la composante du Bureau politique », a-t-il dit, occultant, du coup, les nombreux quinquagénaires désignés dans cette structure. Car, seul un jeune journaliste est membre de l’actuel BP, tous les autres ont roulé leur bosse au sein du FLN durant les années 1970 et 80. Tout en annonçant que le Bureau politique va tenir une rencontre incessamment, Ould Abbès a appelé les nouveaux membres à «accompagner le président Bouteflika dans la mise en œuvre de son programme et sa défense ». « C’est grâce à lui que nous avions gagné les élections », a-t-il dit. Ajoutant à l’adresse des membres du BP : « Vous êtes appelés à faire du Président et de son programme une ligne rouge que personne ne saura et ne pourra franchir. » Sur un autre volet, Djamel Ould Abbès a estimé que la décision du chef de l’Etat de « revoir » la copie du projet de la loi de finances complémentaire 2018 « est dictée par le souci de respecter les fondements de la Révolution ». Ould Abbès n’a pas manqué, à ce propos, de critiquer le Premier-ministre, Ahmed Ouyahia, sans le nommer, sur l’introduction du droit de concession des terres agricoles aux étrangers. Le secrétaire général du FLN a informé, également, qu’un Conseil des ministres est prévu aujourd’hui pour analyser la LFC 2018.
Concernant le conflit entre Boudjemaâ Tali et Bahaeddine Tliba, deux députés du parti et responsables à Annaba, Djamel Ould Abbès a estimé que le différend entre ces deux responsables « a été définitivement résolu ». « Aucun militant du FLN n’a le droit de s’attaquer à un autre militant ou à tenter de le critiquer sans faire référence à moi. » Interrogé si des sanctions ont été décidées à l’encontre des deux ou de l’un d’entre les belligérants, Ould Abbès a souligné que le parti «est occupé par d’autres missions beaucoup plus importantes ». Sur un autre volet, Djamel Ould Abbès s’est attaqué aux ONG qui ont accablé l’Algérie dans les rapports avec les migrants. Pour le secrétaire général du FLN, l’Algérie « fut la Mecque des révolutionnaires », d’où l’impossibilité pour elle de traiter les migrants de la manière qu’évoquent les ONG ».