Avant même la tenue des élections législatives anticipées, samedi prochain, on connaît désormais le prochain rendez-vous électoral, à savoir les élections locales, qui auront lieu avant fin 2021 dans la mesure où la convocation du corps électoral est prévue en septembre prochain, selon le ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement.

PAR NAZIM BRAHIMI
La loi indique dans ce sens que le corps électoral est convoqué par décret présidentiel dans les trois mois qui précèdent la date des élections. «Le prochain calendrier est clair. L’activité législative va reprendre probablement début septembre. Elle va entamer le mandat par les lois organiques qui réorganisent les fondamentaux, notamment la question des libertés. Elles seront consolidées en termes de démocratie représentative par les élections communales et de wilaya. Le reste des chantiers traduiront les 54 engagements du président de la République», a indiqué Ammar Belhimer dans une interview accordée au quotidien public Horizons parue hier. «Logiquement, les élections locales constitueront le prochain rendez-vous électoral. La convocation du corps électoral devrait intervenir en septembre prochain», a-t-il affirmé. En ce qui concerne l’appréciation qu’il fait sur la présente campagne des législatives, il soutient qu’elle se tient de «manière sereine et apaisée», ajoutant que «peut-être qu’il y a moins d’affiches qu’auparavant. Il s’agit d’une campagne économiquement proportionnelle aux moyens des candidats se limitant à la seule aide de l’Etat. On n’est plus dans la logique de la «chkara» et des dépenses excessives comme ce fut le cas dans les rendez-vous électoraux précédents». Il a mis en évidence un élément nouveau qui est la mise à profit du facteur numérique. «Les réseaux sociaux et la presse électronique ont notablement participé à la campagne électorale, en plus du volume horaire consacré par la Radio et la Télévision nationales (radios locales comprises) et l’apport des télévisions privées. C’est au niveau régional que le plus gros effort a été fait», a-t-il fait remarquer.
Interrogé sur les «enjeux» de ce scrutin, le porte-parole du gouvernement a expliqué qu’ils sont «inscrits dans la nouvelle loi portant code électoral», estimant que «c’est une nouvelle configuration d’un acte législatif basé non seulement sur l’activité démocratique des partis, mais plus fondamentalement sur la médiation sociale incarnée par les indépendants et les associations. On assistera à une nouvelle représentation politique adoubée d’une médiation sociale très forte». Ammar Belhimer a été par ailleurs très critique envers les formations politiques qui appellent au boycott du scrutin.
«Ceux qui ne croient pas au changement par les urnes ne croient pas au changement par les institutions, ni par le droit ou la Constitution», a-t-il dit, ajoutant que ces parties «adoptent un logiciel transitionnel chaotique en soutenant les programmes des années 1990 découlant d’un néolibéralisme régalien, qui a été derrière l’effondrement des républiques socialistes dans le passé». Pour lui, «on retrouve ces pratiques dans le monde arabe à travers les printemps et les révolutions. On sait où a mené la mise en œuvre de ce plan. L’Irak, la Syrie, le Yémen et la Libye sont des exemples édifiants. Ce logiciel transitionnel a été synonyme d’aventures, de guerres civiles et de chaos. Aucun pays qui a emprunté la voie transitionnelle n’a réussi à s’en sortir». n