C’est presque un non-événement pour les élus de l’ex-parti unique. Rencontrés, jeudi, lors de la séance plénière de vote du projet de loi de finances 2019, les députés du FLN étaient unanimes à saluer la décision du départ de Djamel Ould Abbès de la tête de leur parti. «On aurait aimé le voir partir plus tôt», a répondu un élu du parti d’une wilaya de l’Ouest.

Pour lui, «le président du parti, donc Abdelaziz Bouteflika, aurait dû procéder à ce changement depuis longtemps». Idem pour d’autres élus qui ont approuvé ce départ précipité d’Ould Abbès.
«Le parti a besoin d’un homme rassembleur», a dit, pour sa part, un autre député réputé pourtant proche de la direction du parti. «J’étais très proche de lui, mais j’en conviens que son départ est une solution, même si elle a été prise avec du retard», explique-t-il ajoutant que «pour le moment personne au FLN ne peut dire qui sera le remplaçant». Une députée d’une wilaya du Centre a expliqué, pour sa part, que le départ d’Ould Abbès «répond aux attentes des militants». «Il n’était pas à sa place et le parti a besoin d’un homme beaucoup plus capable pour mener sa mission». Interrogée si le conflit Louh-Ouyahia n’était pas la goutte qui a fait déborder le vase, notre interlocutrice explique que «le FLN est un parti souvent animé, de ce fait, il est toujours attendu des changements fracassants», surtout lorsque «la direction faute». Qui est le juge dans ce genre de situation ? Tous les élus interrogés estiment que seul le président du parti, donc le chef de l’Etat, «est capable de prendre ce genre de décisions». Le départ précipité d’Ould Abbès de la tête de l’ex-parti unique ne semble pas donner de grain à moudre à ses élus. Ces derniers sont convaincus que «la décision de démettre de ses fonctions le secrétaire général répond à une stratégie de la direction du parti».
Sans rechigner, «nous acceptons les directives du président du parti», ont-ils dit, rappelant que Djamel Ould Abbès a été désigné à ce poste, alors que son prédécesseur «présidait une rencontre du comité central». Interrogés, par ailleurs, sur la désignation de Mouad Bouchareb comme intérimaire, alors que la loi organique explique clairement qu’en cas de démission ou de départ du secrétaire général, le poste revient de droit au membre le plus âgé du comité central, ils estiment que la désignation du Mouad Bouchareb «n’est qu’un passage afin de remettre le parti sur les rails et programmer dans le calme une session du comité central qui désignera le secrétaire général». Cela dit, Mouad Bouchareb ne sera que de passage à la tête du FLN. Rien n’est moins sûr, soulignent des députés qui considèrent que Bouchareb peut être désigné secrétaire général, mais rappellent qu’il n’est membre ni du bureau politique et encore moins du comité central pour espérer garder ce poste.
A vrai dire, la situation au sein de l’ex-parti unique «nécessite la reprise en main du parti par de vrais militants», estime un membre du bureau politique et député. Pour lui, «le départ d’Ould Abbès ouvre la voie à la jeunesse pour prendre les rênes du FLN».