Par Bouzid Chalabi
C’est aujourd’hui que la 18e édition du Salon international des travaux publics (SITP) ouvre ses portes au Palais des expositions des Pins-Maritimes (Safex /Alger) du 19 au 23 septembre. Un événement qui intervient à un moment où les secteurs du bâtiment et des travaux publics locaux sont en proie à une léthargie, voire même une asphyxie, prononcée au sein des entreprises privées depuis tout au moins deux années.
Certes, ce SITP sera l’occasion tout indiquée aux professionnels des secteurs pour exposer leurs produits et équipements, mais toujours est-il que dans la conjoncture actuelle en attente de relance de l’activité dans le secteur du BTP, on peut se demander si ce salon après deux années d’éclipse pour cause de crise sanitaire ne va pas perdre de son audience auprès des principaux concernés.
En effet, on sait que la réussite de tout salon professionnel reste tributaire de l’intense activité dans le secteur auquel il est dédié. Selon les aveux d’entrepreneurs algériens affiliés à l’Association générale des entrepreneurs algériens (AGEA) approchés hier par Reporters, «tout est à l’arrêt qu’il s’agisse d’entreprises encore viables ou de celles qui ont cessé leurs activités». Un de nos locuteurs ira même jusqu’à dire que «dans l’état actuel où se trouve mon entreprise, c’est-à-dire au bord de la faillite, je ne trouve aucun intérêt à me rendre au SITP». Et d’arguer dans ce sens : «Pour m’intéresser à cet évènement il faut d’abord que mon entreprise marche bien et par ricochet rechercher les équipements qui peuvent la rendre plus performante. Mais en situation d’arrêt, tout projet d’investissement est à remettre aux calendes grecques». C’est aussi l’approche des autres entrepreneurs que Reporters a pu joindre.
Cela dit, il convient de rappeler que l’AGEA n’a cessé ces dernières années d’interpeller les pouvoirs publics sur la situation que traversent les entreprises privées du BTP. En effet, on ne compte plus le nombre de lettres en guise de suggestion pour une sortie de crise adressées au Premier ministère. «Pas de réponse en retour», avait indiqué le patron de l’AGEA Mourad Kelloufi, lors de sa dernière sortie médiatique au mois de juin passé. Ce dernier avait en outre souligné à cette même occasion que «non seulement l’état des lieux est amer, mais ce que nous déplorons le plus c’est que la loi de finances pour 2022 ne contient aucune disposition sur l’accompagnement des entreprises du BTP». Ce qu’il a qualifié «d’aberration». Et de finir par lancer : «Le Secteur du BTP est sinistré.»
Pour l’heure, Mourad Khelloufi que nous avons pu joindre hier nous a indiqué que «les entrepreneurs algériens accordent beaucoup d’espoir à la prochaine loi de finances qui pourrait faire en sorte que le BTP puisse sortir de l’agonie dans laquelle il s’est retrouvé ces dernières années».
Rappelons enfin que la 18e édition du SITP va connaître la participation de plusieurs exposants étrangers représentant plusieurs pays, dont le Qatar (invité d’honneur), la Tunisie, l’Arabie saoudite, l’Italie, la Turquie, l’Allemagne et la Chine.