Le temps d’une Coupe d’Afrique des nations pour se rendre, compte une nouvelle fois, que la solidité et la construction d’un parcours de champion dépend de la qualité du béton. Pour preuve, ce sont les deux meilleures défenses du tournoi de 2017, abrité par le Gabon (14 janvier – 05 février), qui ont animé la finale de l’épreuve. L’Egypte, vice-championne, et le Cameroun, qui a été couronné, ont, respectivement, encaissé 2 et 3 buts en 6 rencontres. L’attaque la plus performante de la compétition  (8 réalisations), celle du Burkina Faso, a permis aux «Etalons» d’accrocher la 3e place seulement.


Les Burkinabé sont les seuls à avoir marqué dans chacune de leurs sorties et ils ont vu leurs filets trembler autant de fois que les Camerounais vainqueurs de l’opus 2017. Leur élimination est intervenue après la roulette russe contre les Egyptiens en demi-finale. C’était leur seule défaite dans la compétition puisqu’ils ont fini par remporter la petite finale contre le Ghana (1-0) pour s’adjuger le bronze. Certes, les « Lions Indomptables » ont eu plus de chance en quarts de finale contre le Sénégal puisqu’ils ont composté leur billet suite à la fatidique série des tirs au but. Par la suite, les coéquipiers de Benjamin Moukandjo ont fait le boulot. Sur la phase à élimination directe, le portier Fabrice Ondoa n’est allé chercher le ballon au fond des filets qu’à une seule reprise. C’était lors de la finale quand Mohamed El Nenny l’avait surpris profitant de sa mauvaise anticipation pour glisser le ballon au premier poteau. Sinon, pour le reste, le dernier rempart de 20 ans aura été irréprochable. Parmi les sauvetages miraculeux et décisifs, on rappellera sa parade salvatrice, après que son poteau l’ait supplée (faut bien un peu de bol pour être champion quand-même), dans les ultimes minutes contre le Gabon qui a évité l’élimination aux siens ainsi que le tir au but repoussé de Sadio Mané (Sénégal). L’arrière-garde des nouveaux maîtres du Continent aura été pour beaucoup dans ce parcours. Ce n’est pas le sauvetage de Michael Ngadneu sur sa ligne contre le Burkina Faso (1-1) en phase de poules qui viendra contredire ce constat. Par-dessus-tout, il y a eu cette solidarité et la complémentarité entre les lignes dans un dispositif tactique qui n’est pas infaillible. Le onze a, néanmoins, su combler ses lacunes dues au manque de cohésion, en resserrant les coudes pour rester soudés. Six matchs durant, le séectionneur Hugo Broos aura constamment changé son « starting XI ». On ne peut donc pas parler de connivence ou de complémentarité sachant que l’échiquier était des plus versatiles tout au long de la messe continentale. Il s’agit plus de faculté d’adaptation de ses poulains. On se souvient tous de ces mots forts après la demi-finale gagnée face aux Ghanéens. « Ensemble, nous avons travaillé, nous nous sommes serrés les coudes, Je sais que ça ne pas être facile face à l’Egypte, mais nous avons le moral », avait prévenu l’attaquant Robert Tambe. La confiance était bel et bien là tout comme la force du groupe. « Je suis très heureux, spécialement pour l’équipe. C’est un groupe exemplaire sur et en dehors du terrain, qui mérite d’être en finale », avait relevé Hugo Broos.

Les « Verts » et Jordan  le savaient…
La suite, tout le monde la connaît, bien que menés à la pause lors de l’explication ultime contre les « Pharaons », les coéquipiers de Vincent Aboubakar, auteur du but victorieux, ont su revenir dans la partie. Et c’était, comme un symbole, un défenseur qui les avait remis sur les rails : Nicolas Nkoulou. Par la suite, l’attaquant du FC Porto avait crucifié Essam El-Hadary à deux minutes de la fin. Les deux héros sortaient du banc. Et ça aussi, c’était l’autre force cachée qui a fait de la campagne gabonaise une idylle footballistique. « Dans cette victoire, tous les 23 joueurs ont apporté quelque chose. Sur le banc ou sur le terrain, on fait tous partie de cette équipe. Notre secret, c’était de se fixer des objectifs après chaque victoire. Peut-être étions-nous plus déterminés que les autres ? C’est une équipe de football, mais on dirait une famille. Nous étions 23 frères, et c’est un rêve, quelque chose que je n’ai jamais vécu », note le technicien belge qui avait déjà exercé en Algérie sur les bancs de la JS Kabylie et du NA Hussein-Dey. Toujours dans les indices révélateurs que les défenseurs ont un grande part dans cette 5e consécration, on rappellera que c’était Ngadeu qui avait lancé l’équipe contre les « Black Stars » en ouvrant le score avant que Christian Bassogog ne fasse le break et envoie ses compères en finale. En trouvant sept fois le chemin des filets adverses, le Cameroun a pu soulever le titre. C’est presque le même total qu’affichaient certaines sélections à l’issue du premier tour. On pense ici à la Tunisie, le Sénégal ainsi que la RD Congo (6 buts) outre… notre équipe nationale qui a frappé par 5 reprises. « L’attaque fait lever les foules tandis que la défense fait gagner les titres » disait un jour le légendaire basketteur Michael Jordan. La robustesse défensive, c’est ce qu’a permis aux héritiers de Roger Mila de repartir avec le trophée dans le panier. Avant cela, lors du triplé historique 2006, 2008 et 2010, Essam El-Hadary s’est vu décerner le « Gant d’Or », récompense qu’on donne au gardien ayant encaissé le moins de buts, desdites éditions. L’Egypte avait soulevé le trophée au bout. Constat vérifié et certifié.n