Les 18es jeux méditerranéens ont été officiellement lancés vendredi dans la soirée avec la présence du Roi d’Espagne et aussi des autorités catalanes. Mais c’était sans compter sur les indépendantistes catalans qui ont tenté de chahuter l’événement et faire passer certains messages politiques.

Le roi Felipe d’Espagne a été sifflé au stade de Tarragone, pour rappeler que l’on est bien en Catalogne, cette province espagnole pas comme les autres. Ce qui a fait dire à Caralp Mariné journaliste à «El Diario» que les médias locaux sont plus intéressés par la rencontre entre le Roi et le président de la Catalogne Quim Torra que par les jeux. Le lendemain toute la presse espagnole a d’ailleurs ouvert sur cette poignée de main impromptue entre le roi et le président de la Generralitat. C’était l’aboutissement de quatre jours de doute durant lesquels le gouvernement espagnol a essayé de calmer la tension avec les séparatistes et les organisateurs de l’événement. Torra, qui dans les dernières semaines a fait appel au dialogue, avait brusquement rompu tout contact avec le Roi. En tant qu’organisateur de la prochaine édition, l’Algérie était présente au travers du ministre de la jeunesse et des sports Mohamed Hattab accompagné du wali d’Oran Mouloud Cherifi et du président de l’APW d’Oran. Dans trois ans la capitale de l’Ouest algérien peut mieux faire. Sur le plan de l’organisation Tarragone semble offrir des jeux à l’économique. Et en Catalogne l’esprit semble être ailleurs. L’hymne national espagnol a été copieusement sifflé lors de l’ouverture de ces 18es jeux méditerranéens. Preuve que la tension reste palpable entre les catalans irrémédiablement partagés entre indépendantistes et anti-indépendance. Le défilement des pays participants est l’acte le plus important pour ce type de cérémonie. Le Portugal et Andore qui n’ont pas de contact géographique avec la méditerranée défilent pour la première fois. Les Algériens étaient les seules à avoir défilé en costume. «Ce sont les plus sérieux » opine un journaliste catalan.

«Esta es mi gente»

Le chanteur Antonio Orozco qui a interprété « mi hero » et « hoy es el dia » enflammera le public. Le président du comité international des jeux méditerranéens l’Algérien Amar Addadi prendra la parole pour dire que « l’Espagne témoigne une fois de plus sa disponibilité » pour l’organisation de ces jeux. « Ces jeux sont un grand rassemblement pour nos peuples qui ont la mer méditerranée en partage, une mer qui nous unit plus qu’elle nous partage », envoyant un message d’espoir et rendant un hommage à tous les dirigeants du sport dans cette zone géographique. Conscient de la sensibilité de la situation Addadi a soigneusement félicité la sécurité espagnole mais aussi catalane pour les efforts consentis, mais à chaque fois qu’il prononce le nom du roi Felip il est systématiquement hué. Souhaitant bonne chance à tous, le maire de Tarragone José Felix Ballesteros président du comité d’organisation des jeux dira qu’il « n’y aura pas de paix tant qu’il y aura pas de justice ». Un message que chacun traduira à sa guise. Le roi Felip déclarera finalement les jeux ouverts dans un brouhaha d’acclamations entre deux peuples qui se rejettent. La cérémonie de l’eau peut commencer. La Catalogne est bien divisée et les tensions sont toujours vives. A l’entrée du stade, un groupe d’indépendantistes avec le fameux drapeau de la Catalogne jaune aux lignes rouge a été empêché d’entrer. Le finish est à l’actif de la soprano Begonia Alberdi en l’honneur de Tarragone, la ville romaine. Suivie d’une chorégraphie rythmée. La chanteuse Lucrecia Cantante interprètera magistralement « Esta es mi gente », c’est mon peuple. Le peuple catalan reste en tout cas partagé entre l’envie de se séparer d’une Espagne qu’il n’aime plus et une autre frange tout aussi importante qui ne s’imagine pas autre qu’espagnol. Les jeux méditerranéens censés sceller le rapprochement entre les peuples ne semblent avoir pour le moment aucun effet entre les « frères » de Catalogne.n