La nomination de Abdelaziz Medjahed à la tête de l’Institut national d’étude de stratégie globale (INESG) vient à point nommé pour remettre en selle l’importance des études et des analyses stratégiques. Un «secteur» bien négligé chez nous alors que son importance est primordiale pour la survie même des Etats. Avec son statut de think tank, l’INESG, pourtant créé il y a 36 ans, va devoir sortir de la torpeur dans laquelle il se retrouve depuis des lustres. Mis aux oubliettes, et quasiment sans aucune influence sur la scène nationale, l’organisme va devoir se réveiller. Le rôle qu’il va remplir sera avant tout de se réaccaparer un espace laissé à d’autres. Ces derniers, sous forme d’organismes étrangers et d’ONG influentes mais, surtout, sous influences d’intérêts étrangers, «jouent» depuis trop longtemps sur un terrain abandonné par les autorités algériennes. Les faits sont là. L’Algérie s’est retrouvée totalement dépendante des rapports établis par des entités aux objectifs souvent aux antipodes des intérêts du pays. Il suffit de voir les contenus des «études» souvent élaborées par des officines étrangères pour constater tout le mal suscité par le laisser-aller. Pourtant, la mission (sur papier) que devait remplir l’INESG devait aboutir à des résultats concrets et palpables. Hélas, le terrain avait été laissé à d’autres. D’ailleurs les médias algériens se retrouvent presque obligés régulièrement à contacter des organismes étrangers pour essayer de comprendre ce qui se passe ici !
Il suffit d’un petit coup d’oeil sur le site web de l’institut pour constater la maigre «récolte». Ainsi, la publication «Revue algérienne de prospective et d’études stratégiques» n’a existé qu’à travers deux éditions, et la dernière remonte à avril 2016. Trop peu pour la dimension octroyée au think tank. C’est d’autant si «faible» que la situation géopolitique régionale et mondiale est en train de radicalement changer.
Pour avoir une idée sur l’importance de l’INESG, il est bon de rappeler que deux de ses ex-directeurs, Djilali Liabès (octobre 1992-mars 1993) et M’hamed Boukhobza (mars 1993-juin 1993) ont été assassinés par la horde terroriste. Des attentats qui reflètent la grande importance des missions de l’institut.
Le nouveau dirigeant de l’INESG aura ainsi la lourde tâche de le remettre en selle. Pour cela, il va devoir s’appuyer sur son expérience, et pas uniquement militaire. Il y a quelques années Abdelaziz Medjahed se distinguait par ses nombreuses interventions lors des conférences-débats d’un autre think tank, algéro-algérien, le Centre de recherche sécuritaire et stratégique (CRSS) que dirigeait le Pr Berkouk. Un «acquis» qui lui sera sûrement nécessaire pour réussir dans sa nouvelle mission.