Par Hakim Ould Mohamed
Alors que s’annoncent de nouvelles dépenses au titre du Plan de financement spécial de 2 100 milliards de dinars, prévu par la Banque d’Algérie, cette institution n’a pas hésité à sortir la planche à billets de ses cartons pour renflouer à nouveau les caisses du Trésor public.
La situation mensuelle de la Banque centrale, arrêtée à fin avril 2021, publiée au dernier Journal Officiel, lève le voile sur un recours à la planche à billets pour financer les besoins du Trésor public, lequel devrait à son tour voler au secours de nombreuses entreprises et organismes publics en mal de financement. De janvier à avril dernier, la Banque d’Algérie a imprimé pour plus de 1 150 milliards de dinars au profit du Trésor public et qui ont profité essentiellement aux entreprises et institutions attributaires de ses allocations, alors que les banques publiques étaient restées en marge, en témoignent les niveaux des liquidités bancaires à fin avril 2021, comparés à ceux de la fin du précédent exercice.
En effet, les nouveaux tirages de la planche à billets n’ont pas profité aux banques commerciales puisque la liquidité bancaire a baissé à fin avril, comparativement avec les niveaux de fin décembre 2020. Elle a affiché un solde de 521 milliards de dinars à fin avril contre 659 milliards de dinars à fin 2020, soit une baisse de 138 milliards de dinars en quatre mois seulement, en période de reprise de tirage de la planche à billets aux fins de financer les besoins du Trésor. Des 1 150 milliards de dinars qui lui ont été affectés, il en a consommé plus de deux-tiers, soit près de 900 milliards de dinars, puisqu’il affichait un solde positif de 319 milliards de dinars à fin avril 2021, lit-on dans la situation mensuelle de la Banque d’Algérie pour avril. Outre les tirages de monnaie effectués sur la période janvier-avril 2021, cette année sera marquée, également, par le Plan de financement spécial prévu par la Banque centrale pour lequel 2 100 milliards de dinars seront produits au moyen de la planche à billets, ce qui pourrait porter le montant à plus de 3 000 milliards de dinars à fin 2021. En effet, il y a quelques semaines, la Banque d’Algérie avait annoncé la mise en place d’un programme spécial de refinancement pour une durée d’une année, à compter du 1er juillet dernier. Ce programme spécial de refinancement consiste en des opérations de cession temporaire d’apport de liquidités effectuées à l’initiative de la Banque d’Algérie. Ces opérations portent sur des échéances de 12 mois, renouvelables à deux reprises, avait expliqué la Banque centrale, précisant que le montant plafond alloué dans le cadre du programme spécial de refinancement est de 2 100 milliards de dinars. Bien évidemment, il s’agit de ressources que la Banque centrale entend mobiliser au moyen de la planche à billets pour permettre aux banques commerciales de dynamiser l’activité crédit au profit des entreprises et de l’économie, auxquelles s’ajouteront les 1 150 milliards de dinars affectés au Trésor sur les quatre premiers mois de l’année. La première phase de la planche à billets, qui a permis de financer les déficits des trois exercices 2017, 2018 et 2019, a été marquée par l’impression de plus de 6 500 milliards de dollars, affectés aussi bien au renflouement des caisses des banques, du Trésor que pour le financement des organismes publics, dont le FNI et la CNR. Elle avait permis aussi aux banques de sortir d’une situation de sous-liquidités qu’elles avaient retrouvée quelques mois seulement après la suspension des tirages de la planche à billets, soit dès la fin de 2019. <