A moins d’une vingtaine de jours de la clôture des candidatures pour la prochaine présidentielle, l’effervescence va en s’exacerbant. Le rendez-vous du 18 avril prochain semble avoir ranimé la vie politique, alors qu’elle se complaisait dans une situation de léthargie qui paraissait sans fin. Des candidats pour le scrutin présidentiel, des partis et des acteurs politiques de différentes obédiences ont commencé à donner leurs avis sur le rendez-vous politique d’avril prochain et à exprimer des postures qui pourraient révéler des non-dits. Certaines personnalités politiques expriment désormais leurs points de vue à propos d’une élection, qui s’annonce disputée tant le débat exacerbé est déjà à l’ordre du jour. L’ex-président du RCD a ainsi, dans une tribune publiée sur sa page officielle du réseau social Facebook, exprimé sa position vis-à-vis d’une élection qui semble pour lui anecdotique. Mais qui reste l’expression d’un moment important qui pourrait déboucher sur un véritable changement, comme constaté dans d’autres pays. « Imposer un cahier des charges où les principes démocratiques seraient des postulats auxquels doit souscrire tout compétiteur est une chose faisable et éprouvée avec succès chez nos voisins ». Saïd Sadi a néanmoins dressé le tableau d’un prochain scrutin, où « le brouillard et l’improvisation le dispute à la précipitation ». Bien qu’il ait vanté la position du RCD et du FFS pour cette présidentielle, il n’en fermera pas pour autant la porte quant à une sortie de crise dans la
« séquence » de l’après. Mais cette sortie impromptue de celui qui avait participé à la présidentielle de 2014 n’est-elle pas une caution intellectuelle pour le parti qui lui est cher, en attendant un éclaircissement de la situation dans la perspective de l’après-présidentielle ? Il est devenu inévitable, selon Sadi, d’opter pour l’action et non de se limiter à une posture léthargique en attendant que quelque chose se passe. Pour Sadi, il ne semble pas y avoir « d’autres choix que de nous repenser à travers de nouvelles valeurs et par des mécanismes opérationnels étrangers à la grammaire politique du système ». L’ancien président du RCD, qui distille sa « vérité » au travers d’un discours viscéralement critique mais empreint d’optimisme sur la possibilité des Algériens à dépasser la crise, estime que la bataille est possible et pourrait apporter des résultats pour peu que le combat ne soit pas évité. « La bataille sera rude, ce qui ne veut pas dire qu’elle ne sera pas loyale, si nous nous donnons les moyens de la préparer avec clarté et méthode. C’est bien connu, il n’y a de bataille qui perdue que celle qui n’a pas été livrée». L’intervention du docteur Sadi, usant de ses ressorts intellectuels habituels pour disséquer une situation pré-électorale complexe et annonciatrice de rebattement de carte, est, « face au destin », à prendre à l’aune d’une évolution future inéluctable.<