Le PLF de l’année 2019 s’illustre par le fait qu’il se manifeste à la veille de l’élection présidentielle. Et la lecture, même sommaire, du PLF nous permet de constater que ses rédacteurs n’ont pas trop « tapé » dans la poche des votants, pardon, du citoyen.

On ne va pas malmener le pouvoir d’achat de ce même citoyen quand il sera appelé à voter quelques semaines après le début de la mise en route de la loi de finances. Cette fois, il n’y a pas d’augmentation du prix de l’essence, ni de taxes diverses, encore moins celle plus célèbre, la TVA. On se base sur un prix référentiel du baril à 50 dollars US pour le Sahara Blend et sur un autre de marché de 60 dollars. Pas de prise de risque, ni un optimisme béat, sachant pourtant que le pétrole réagit plus volontairement à des oukases politiques plutôt que des faits économiques. Les tweets de Donald Trump sont encore là pour prouver que l’or noir rebondit délibérément au bout des doigts du locataire de la Maison-Blanche, que de la production record de pétrole américain. C’est dire que les prévisions du projet de loi des finances ne se suffisent pas des efforts ou des avancées locales, mais bien plus souvent des soubresauts politiques et économiques de la sphère des finances mondiales.

Même chose pour le taux d’inflation estimé généreusement à 4,5% pour 2019. Là encore et vu que l’Algérie exporte en dollars US, du pétrole essentiellement, et importe en euros, difficile de faire une équation valable à même d’échapper à une inflation importée ou même à une déflation. On se souvient de l’attaque des Etats-Unis contre l’économie turque récemment, et la dévaluation de la lire qui s’en est suivie. Les importations de beaucoup de biens de consommation sur le sol algérien provenant du pays du Bosphore ont été secouées, et on se remémore de l’impact sur le pouvoir d’achat du citoyen lambda.
Les chiffres révélant tout mais pas l’essentiel, il serait logique de jeter un œil sur la composante ayant adopté le PLF au boulevard Zighoud-Youcef. Sans surprise, ce sont les partis de la majorité qui ont répondu par un oui massif, tandis que le niet a été l’œuvre du PT et le MSP, allié du pouvoir il n’y a pas si longtemps, et bien sûr le RCD et l’union préconisée par le parti de Djaballah.
Depuis, le relais est passé à la Chambre haute qui commencera à disserter sur le PLF à partir du 25 novembre pour l’adopter, par la suite, le 29 du même mois. Et là, gageons qu’il ne saurait y avoir de (mauvaises) surprises