La déclaration faite la semaine dernière par la Commissaire européenne au Commerce à propos des mesures prises par l’Etat algérien pour mettre en mode ralenti sa machine des importations n’en finit pas de provoquer des réactions au sein des acteurs de l’économie nationale.

Après l’UGTA, le FCE puis le Cnes, c’est au tour du Conseil national de concertation pour le développement de la PME de prendre le relais et d’apporter à son tour une mise au point à Mme Cecilia Malmström. Cette dernière, faut-il le souligner, n’est pas la première à juger les restrictions des importations décidées par les pouvoirs publics algériens. Des ambassadeurs représentant les pays de l’UE, tout comme l’ambassadeur de l’Union en Algérie, le font régulièrement depuis que les recettes engrangées par cette zone grâce à ses diverses exportations envers notre pays ont connu un certain recul, sous l’effet des mécanismes des licences  puis des interdictions de dizaines de produits à l’importation, dont l’Union détenait la part du lion.

Pourtant, la baisse de la facture des exportations de l’UE à destination de l’Algérie n’a reculé que de deux milliards de dollars entre 2017 et 2016, et au bout du compte, on est encore bien loin d’une chute ou d’une rupture qui permettrait à Mme Cecilia Malström d’assimiler les dispositions visant à encadrer son  commerce extérieur à une démarche « non conforme » à l’accord de libre-échange Algérie-UE signé voici déjà treize années.
Un accord qui aura permis aux entreprises de la zone européenne de tirer de gros dividendes en renforçant la présence de leurs divers produits sur les étals d’un marché ouvert à l’import sans compter, alors que dans le sens inverse, les exportations algériennes hors hydrocarbures vers l’UE restent toujours insignifiantes, voire dérisoires, et même ridicules dans certains cas. Et c’est peut-être parce que les exportations de l’UE vers l’Algérie ne se sont jamais arrêtées de progresser qu’un responsable du rang de la Commissaire européenne au Commerce n’arrive pas à admettre qu’il faudrait bien qu’elles s’arrêtent un jour. Quant à admettre un recul qui en annonce d’autres …