La Bourse d’Alger, le partenariat public privé, les banques de développement, les investissements directs étrangers sont les instruments prévus dans une seconde étape pour desserrer l’étau financier qui étreint l’Etat, actuellement, et qui risque de s’opposer à la poursuite des investissements dans les infrastructures et du financement du plan de relance. En attendant, le recours au marché monétaire et aux réserves de la Banque d’Algérie, à la rationalisation des dépenses publiques et l’arbitrage entre les projets d’investissements restent les principaux moyens financiers dont dispose l’exécutif pour redresser l’économie au courant de l’année en cours.

Pour couvrir les besoins de financement du nouveau plan de relance entre 2021 et 2024, le gouvernement continuera à faire appel essentiellement aux dépenses budgétaires et à l’argent des banques publiques, dans une première étape, qui pourrait correspondre à 2021-2022, et de plus en plus aux financements alternatifs à ces financements publics : Bourse, partenariat-public privé, banques de développement, investissements directs étrangers (IDE), dans une fenêtre comprise sans doute 2023-2024. C’est ce qu’indique le premier rapport sur le nouveau plan de relance, élaboré par le ministère de la Prospective, cité par l’APS. Le texte souligne en ce sens que «pour réaliser les objectifs du plan de relance, l’Etat aura dans un premier temps un rôle prépondérant à jouer en la matière mais, dans un second temps, le financement privé devrait prendre le relais grâce à une meilleure organisation des marchés financiers, tandis que l’option du partenariat public-privé devrait être une approche à privilégier dans le financement des infrastructures et service publics. L’investissement public sera le principal moteur de la croissance et ne saurait être remplacé à court terme. Il convient de ne pas arrêter ce «fluide» essentiel pour la relance de la croissance dans une période aussi difficile mais mobilise en urgence des formes extrabudgétaires de financement interne et externe afin de poursuivre la réalisation des infrastructures prioritaires et dont le coût social pour la collectivité sera important. Ce qui veut dire que pendant les deux premières années de la période d’exécution du plan de relance, le Budget de l’Etat et les banques publiques seront mis à contribution de manière essentielle pour financer le plan de relance, en attendant la mobilisation de sources de financement extra budgétaires précitées et qui vont soulager le Trésor public et atténuer les difficultés financières actuelles. Il faut donc s’attendre à une tendance haussière en termes d’investissements publics, d’où les déficits records du budget et du Trésor en 2021. Le rapport relève en ce sens que ces besoins de financement, qui incluent les dépenses liées au lancement du plan de relance, seront couverts par le marché monétaire et les réserves et fonds propres de la Banque d’Algérie. Une situation qui met la pression sur le Trésor, obligé de s’endetter et donc d’accroître l’endettement interne du pays et sur la Banque d’Algérie qui se voit fragilisée avec cette ponction sur ses ressources qui fondent sa solidité et sa solvabilité. N’oublions pas que le Trésor fait également face aux créances irrécouvrables des banques publiques estimées à 1 200 milliards de dinars que cette institution financière est obligée de couvrir. En ce sens, le rapport, lit-on, met en exergue le financement monétaire que le gouvernement envisagerait de recourir pour faire face au déficit budgétaire et financer les investissements. Il s’agit notamment «des opérations de refinancement, d’utiliser une partie des réserves et d’affectations constituées par la Banque d’Algérie et de placer en bons du Trésor une partie des fonds propres de cette institution». Le rapport n’occulte pas le fait que dans cette première étape, le gouvernement devra en urgence déblayer le terrain à la mise en œuvre de ces financements alternatifs. Un chantier institutionnel qui comprend un nouveau cadre réglementaire pour les opérations boursières afin de dynamiser le marché des actions et des obligations, pour le partenariat public-privé et les banques de développement. La Bourse, dans une seconde étape, sera donc appelée à jouer un rôle plus important dans la mobilisation des financements pour les investissements. Quant au partenariat public-privé, il permettra, note le rapport, de soulager la contrainte budgétaire et d’offrir une bonne alternative à l’endettement extérieur avec l’implication du secteur privé de s’assurer de la qualité et de l’opérationnalité des infrastructures financées grâce à cette formule de financement extra budgétaire. Le rapport cite, en outre, les banques de développement comme source alternative de financement du plan de relance. Elles auront pour mission «d’impliquer le secteur privé à contribuer au financement de projets pour atténuer le risque que les acteurs du marché ne sont pas près d’assumer». Le gouvernement mise également sur les IDE grâce à l’amélioration du climat des affaires. Ce qui veut dire que durant la première étape, le gouvernement est appelé à réunir les conditions pour que les investisseurs étrangers puissent s’engager en Algérie dans des projets, en particulier, ceux prévus par le nouveau plan de relance.